dimanche 19 août 2018

Le domaine de Chantilly (I)


Si je vous demande : "Qu'évoque pour vous le nom de Chantilly ?", les réponses seront certainement très variées.
Les gourmands parleront de la fameuse crème...
Les esthètes rappelleront que le château abrite la deuxième collection de peintures anciennes de France (la première après le Louvre)...
Les bibliophiles signaleront que la bibliothèque du château est la deuxième de France pour les manuscrits enluminés...
Les amateurs de jardins n'oublieront pas son parc de cent quinze hectares et ses jardins à la française, les préférés de Le Nôtre...


Les passionnés de chevaux n'auront d'yeux que pour ses courses, son hippodrome, son manège, son musée du cheval...
Pour ma part, j'ai goûté à tout cela, mais j'ai surtout fait une belle moisson de photographies mythologiques, que je voudrais vous faire partager.

Pour commencer, une mosaïque représentant l'enlèvement d'Europe. Elle provient de la Villa de San Marco à Stabies (1er siècle ap. J.-C.).


Un peu plus loin, sur une tablette de cheminée, un cerf est dévoré par des chiens.



Il s'agit de deux pièces, l'une en bronze, l'autre en porcelaine de Sèvres (1846-1847). Elles faisaient toutes deux partie d'un grand surtout qui ornait la table du duc d'Aumale, dernier propriétaire des lieux et grand amateur de chasse. Mais rien ne nous empêche d'y voir une évocation d'Actéon dévoré par ses chiens... Les deux premiers qui se sont jetés sur lui se nommaient Mélanchaetès et Thérodamas...

Mélanchaetès, d’abord, le blesse dans le dos, puis vient
Thérodamas ; Orésitrophos s’accroche à l’épaule ;
Ils sont partis derniers mais, en coupant par la montagne,
Ils arrivent premiers et le retiennent. Cependant,
Le reste de la meute les rejoint, plante ses crocs :
Son corps n’est plus qu’une plaie. Il pousse un gémissement
Qui n’est pas celui d’un homme, et n’est pas non plus celui
D’un cerf ; les monts qu’il fréquentait résonnent de ses plaintes.
Genoux fléchis, tel un suppliant, il semble implorer ;                                  
Il tend à l’entour, faute de bras, sa face muette,
Mais les chasseurs, comme avant, excitent la meute avide
En cherchant des yeux Actéon, qu’ils n’ont pas reconnu,
Et, le croyant absent, ils crient à l’envi « Actéon »,
Qui, à ce nom, tourne la tête. Ils se plaignent qu’il soit
Absent et tarde à venir voir la proie qui s’offre à eux.
Absent, il voudrait l’être, et il est là ; il voudrait voir
Ses chiens mordre cruellement sans l’éprouver aussi.
Ils l’encerclent de partout, plongent en lui leur museau
Et lacèrent leur maître dont l’apparence les trompe.                                   
Tant que mille blessures n’eurent pas causé sa mort,
La colère de Diane, dit-on, ne retomba pas.

D'après Ovide, Métamorphoses, III, 232-252



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