lundi 17 février 2020

L'Art d'aimer

La Saint-Valentin est passée depuis peu et le printemps est déjà là - ou presque...
Dès lors, quelle meilleure lecture conseiller que l'Art d'aimer ?... 
Eh bien, justement, en voici une nouvelle édition, au Livre de Poche, dans la traduction de Sylvie Laigneau-Fontaine, professeur de latin à l'université de Dijon (http://sylvie.laigneau-fontaine.over-blog.fr/).
Merci à Isabelle d'avoir signé cette parution sur Facebook...

Voici la présentation qu'en fait son éditeur :

« Romains, si quelqu’un parmi vous ignore ce qu’est l’art de l’amour, qu’il lise mon poème pour s’y instruire et apprendre à aimer. »
Brillant par son humour et sa modernité, L’Art d’aimer rencontra dès sa parution aux alentours de l’an 1 apr. J.-C. un succès immense – en témoignent des extraits retrouvés gravés sur les murs de Pompéi. Ovide s’y fait le chantre de l’art subtil de la séduction et, avec une audace extraordinaire pour son époque, dispense aux jeunes gens de Rome une leçon d’amour dans les règles de l’art. Nourri d’exemples mythologiques, de conseils et de techniques pour faire naître puis entretenir la passion dans son couple, L’Art d’aimer vaudra à son auteur d’être banni de l’Empire, avant de devenir l’un des textes érotiques les plus célèbres au monde.
Édition présentée, établie et annotée par Sylvie Laigneau-Fontaine.

Bonne lecture à tous et bonne chance à ceux qui voudront passer de la théorie à la pratique...

mercredi 12 février 2020

Paulus Potter

Connaissez-vous Paulus Potter ?
Il s'agit d'un peintre néerlandais du XVIIe s (1625-1654, seulement...) qui s'est spécialisé dans la peinture animalière au point de devenir le spécialiste incontesté de la représentation des vaches, des boeufs, des veaux et des taureaux...
Voici l'oeuvre qui passe pour être son chef-d'oeuvre, et qui, en tout cas, est la plus fameuse qu'il ait peinte : Le taureau (en fait, un taurillon, mais ne chipotons pas...).

Le taureau (235,5x339), 1647, Mauritshuis, La Haye.

Ce qui a fait, entre autres, sa notoriété est sa taille (vous avez bien lu : 235,5x339), qui procure au spectateur l'impression qu'il a affaire à un véritable animal. En d'autres termes, c'est son réalisme.
Si le peintre n'est pas sorti du cadre de la peinture animalière, tendance bovine, il s'intéresse parfois à d'autres animaux : un chien, un cheval, des porcs...
Et, à l'occasion, il réunit tout ce beau monde dans une composition foisonnante comme celle-ci :

La cour de ferme, (81x115,5), 1649, Ermitage, Saint-Pétersbourg

 Voici, pour que vous puissiez vous faire une idée plus précise de ce grouillement, une vue de détail :


Les plus attentifs d'entre vous - ou ceux qui ont la meilleure vue - auront compris pourquoi le tableau est sous-titré La vache en train d'uriner...


Détail trivial qui poussa la commanditaire de l'oeuvre, la princesse Amalia von Solms, à refuser le tableau...
Et l'Antiquité, dans tout ça ? Voilà, voilà...
Paulus a peint une oeuvre qui s'en inspire explicitement - une seule... Non pas celle-ci, qui pourrait pourtant illustrer telle Bucolique de Virgile...

Paysage avec une bergère et un berger jouant de la flûte (détail), 1642-43,
Szépmûvészeti Mùzeum, Budapest

 Mais celle-ci :

Orphée charmant les animaux (67x89), 1650, Rijksmuseum, Amsterdam

Car le personnage en rouge est bien le chantre du Rhodope, entouré d'une trentaine d'animaux différents...


On y retrouve les classiques - lion, chien, bélier - mais aussi de plus exotiques comme le chameau et l'éléphant, de plus fabuleux, comme la licorne, de plus humbles comme le serpent et... la taupe, qui sort de sa galerie pour aller écouter le poète - belle preuve que si elle ne voit pas, elle entend...


Un bel échantillon du monde animal...

Et un grand merci à Angela, qui m'a prêté le catalogue de l'exposition "Paulus Potter" (Mauritshuis, La Haye,1994-95) et donné l'occasion de faire plus ample connaissance avec Paulus...





vendredi 7 février 2020

Aurore et Saturnin...



Que vois-je, Aurore aux doigts de rose ?
Tu t'es accrochée ce matin
Au cou de notre Saturnin,
Protecteur de la Ville Rose...

Si Ovide s'était douté
Qu'Aurore aimerait le saint homme
Il aurait fait connaître à Rome
Cette rencontre insoupçonnée.

Aurait-il publié la chose
Dans les Amours, dans l'Art d'aimer,
Dans ses Fastes inachevés ?
Mais non... Dans ses Métamorphoses !...

jeudi 30 janvier 2020

Arianna

Le label 'Alpha' nous propose une triple version de la fable d'Ariane, enregistrée par la mezzo-soprano américaine Kate Lindsey. Elle est accompagnée par l'ensemble Arcangelo, dirigé par Jonathan Cohen.


Sont ici réunies trois partitions : Ebra d’amor fuggia, d'Alessandro Scarlatti, Ah! crudel, nel planto moi de Georg Friedrich Haendel, toutes deux datées de 1707, et la cantate Arianna a Naxos de Joseph Haydn (1789).
Bonne écoute !...

Mais, au fait, quelle est la version qu'Ovide proposait de cette fable ?
La voici, telle qu'elle peut se lire dans les Fastes (III, 459-516).
Bonne lecture !...


            La nuit suivante , on voit la couronne de la Crétoise  :
                        Le crime de Thésée fit d’elle une déesse.
            Elle avait remplacé par Bacchus son époux parjure
                        — L’ingrat qui reçut d’elle un fil à enrouler.
            Heureuse de son sort, « Que j’étais sotte de pleurer,
                        Dit-elle ; sa trahison a bien tourné pour moi.  »
            Pendant ce temps Liber, qui avait vaincu les Indiens
                        Aux cheveux lisses, rentrait riche d’Orient.
            Parmi de jeunes prisonnières à la belle allure,
                        Une princesse était plus que chère à Bacchus.
            Son épouse aimante pleurait ; le long du creux rivage,
                        Elle allait échevelée, en disant ces mots :
            « Pour la deuxième fois, flots, écoutez ces mêmes plaintes !
                        Pour la deuxième fois, sable, absorbe mes larmes !
            Je disais, il m’en souvient : “ Traître, parjure Thésée ! ”
                        Il s’éloigne et Bacchus commet le même crime.
            Encore aujourd’hui je crie : “ Femme, défie-toi des hommes ! ”
                        Si les noms ont changé, l’affaire est bien la même.
            Ah ! si ma destinée avait pu s’accomplir dès la
                        Première fois ; si aujourd’hui je n’étais plus...
            J’allais mourir sur le sable désert ; pourquoi, Liber,
                        Me sauvas-tu ? Mes maux auraient pris fin d’un coup.
            Léger Bacchus ! Plus léger que ce feuillage à tes tempes !
                        Toi que je n’ai connu que pour verser des larmes,
            Tu as osé conduire sous mes yeux ta concubine
                        Et mettre en péril un mariage si heureux ?
            Ta parole, tes serments renouvelés, où sont-ils ?
                        Hélas ! Combien de fois redirai-je ces mots ?
            Tu accusais Thésée ; toi-même le disais perfide.
                        Ce jugement rend ta trahison plus honteuse.
             Gardons tout cela pour nous et brûlons d’un mal secret,
                        Qu’on ne croie pas tant de trahisons méritées.
            Je souhaiterais avant tout que Thésée n’en sache rien,
                        Ne puisse savourer de t’avoir pour complice.
            La blanche concubine a donc évincé la noiraude
                        Que je suis : son teint, je le souhaite à mes rivales !
            Mais qu’importe ? C’est ce défaut qui te la rend plus chère !
                        Que fais-tu ? Elle te salit quand tu l’embrasses.
            Sois fidèle, Bacchus, et n’en préfère aucune à mon
                        Amour d’épouse. Toujours j’aimerai mon mari.
            Les cornes d’un beau taureau ont ravi ma mère ; moi,
                        Les tiennes : à moi l’éloge, à elle l’infamie.
            Mon amour ne doit pas me nuire plus que ne t’a nui,
                        Bacchus, l’aveu que tu nous a fait de ta flamme.
            Quoi d’étonnant si tu m’embrases ? Tu naquis dans le feu,
                        Dit-on, fus arraché au feu par la main de
            Ton père. C’est à moi que, souvent, tu promettais le ciel.
                        Hélas ! En fait de ciel, quels dons ai-je reçus ! »
            Elle s’était tue ; depuis longtemps, Liber l’écoutait
                        Se plaindre — il était derrière elle et la suivait.
            Il la prend dans ses bras, sèche ses pleurs sous ses baisers
                        Puis dit : « Gagnons ensemble les hauteurs du ciel !
            Tu t’es unie à moi ; ton nom sera uni au mien
                        Car, métamorphosée, tu seras Libéra.
            Et je ferai en sorte que tu aies un souvenir
                        De la couronne offerte à Vénus par Vulcain,
            Par elle à toi ». Il tient parole et, des neuf gemmes, fait
                        Neuf astres, feux dont brille la Couronne d’or.

mercredi 15 janvier 2020

Enigme à Montréal...

Voici ce que je découvre en cherchant combien de personnes ont été sur le blog des Amis d'Ovide le lundi 13...

Quarante-deux utilisateurs, ce qui n'est pas si mal...
Mais le plus étonnant n'est pas le nombre, c'est la provenance : sur les quarante-deux, vingt-neuf se sont connectées depuis Montréal !... Oui, depuis le Canada !... Depuis le Québec !
Bienvenue à vous, amis de la Belle Province !... J'espère que Borée ne souffle pas trop fort, que Jupiter ne fait pas tomber trop dru la neige et que vos voisins les Hyperboréens ne vous envoient pas un froid trop glacial...
Mais au fait... Froid, neige et vent n'incitent-ils pas à rester chez soi et surfer sur le net pour tomber - qui sait ? - sur le blog des Amis d'Ovide ?...
Oui, la raison de ce pic de fréquentation québécois est peut-être là : une tempête de neige sur Montréal...

PS : Juste pour se faire plaisir, un petit (re)tour avec Robert Charlebois...
https://www.youtube.com/watch?v=g4NXUo8qipM 

lundi 13 janvier 2020

Narcisse !...

L'année ne commencerait pas trop mal si l'on s'en tenait aux découvertes archéologiques... Celle, par exemple, d'une splendide fresque sur les murs de Pompéi représentant Narcisse...
Merci à Marie, une amie d'Ovide, d'avoir publié l'information sur Facebook... 

                                                       


Le motif mythologique de Narcisse se mirant dans l'eau était couramment utilisé dans la décoration des demeures de Pompéi. Parc archéologique de Pompéi


À Pompéi, découverte d'une exceptionnelle fresque représentant le mythe de Narcisse

Par Benjamin Puech

ARCHÉOLOGIE - La peinture murale, au trait précis et aux couleurs chatoyantes, se trouvait dans l'atrium d'une demeure réputée pour la richesse de sa décoration et son état de préservation. En novembre dernier, une autre illustrant la scène d'amour entre Léda et le cygne y avait été dévoilée.
Le motif mythologique de Narcisse se mirant dans l'eau était couramment utilisé dans la décoration des demeures de Pompéi.
Le motif mythologique de Narcisse se mirant dans l'eau était couramment utilisé dans la décoration des demeures de Pompéi. Parc archéologique de Pompéi
On finirait presque par s'habituer. La direction du site archéologique de Pompéi a annoncé la découverte d'un nouveau trésor. En novembre dernier, une fresque représentant le mythe de Leda et du cygne avait été trouvée dans une grande demeure de la cité antique. Les archéologues viennent de mettre à jour dans cette même maison une peinture murale représentant Narcisse se mirant dans l'eau. «Les découvertes exceptionnelles continuent», s'est enthousiasmé Massimo Osanna, directeur du parc archéologique de la cité antique, ensevelie dans l'éruption du Vésuve en 79 ap. J.-C.
La représentation de Narcisse se situe sur les murs de l'atrium, pièce principale des lieux, derrière la chambre décorée par la fresque de Léda et le cygne. L'état de sa conservation force l'admiration. «Toute la chambre est pénétrée par une impression de joie de vivre, de beauté et de vanité, qui est soulignée par des figures de bacchantes [les femmes accompagnant le dieu Bacchus] et des satyres». L'ensemble des murs est peint avec de belles couleurs, rouge ou ocre.
Avachi, les jambes couvertes d'un vêtement rouge foncé, Narcisse regarde la rivière coulant à ses pieds. Sa représentation est fidèle à l'iconographie classique de l'époque. Dans d'autres lieux de la cité, des fresques représentant Narcisse ont été trouvées mais celle-ci semble les dépasser par la précision du trait et la beauté des couleurs. À côté du personnage principal, se tiennent un chien et une autre figure masculine, qui pourrait être Cupidon, divinité de l'amour.
Dans la mythologie antique, le jeune chasseur Narcisse, après avoir éconduit la nymphe Écho, subit le châtiment de Rhamnusie, déesse de la vengeance. Un jour qu'il se promène en forêt, il s'abaisse pour boire de l'eau, pris d'une soudaine soif. Il ne parvient plus à se relever, tombé amoureux fou de son propre visage. Un amour impossible à assouvir qui le force à l'immobilité.

Une demeure luxueuse et érotique

«La décoration est intentionnellement luxueuse et date probablement des dernières années de la cité, comme le laisse penser l'extraordinaire conservation des couleurs», analyse l'archéologue Massimo Osana. Témoins de la vie quotidienne, huit amphores, une douzaine de verres, un entonnoir et une situle, petit récipient pour liquide, tous les deux en bronze, jonchaient un sous-sol situé sous l'atrium.
Massimo Osana élaborait, après la découverte de la fresque de Léda, l'hypothèse que le propriétaire de l'opulente maison pourrait être «un riche marchand, peut-être même un esclave affranchi, devenu soucieux d'élever son statut social en s'entourant de représentations des plus légendaires récits de la mythologie».
Dans la même demeure avait été trouvée une représentation de Priape en pleine érection, comme l'est souvent représenté le dieu de la vigueur et de la fertilité. Situé de manière à ce que le visiteur soit forcé de voir Priape avant de rentrer dans la petite chambre à coucher décorée de la fresque de Léda.
Les travaux sur ce site de la Via del Vesuvio, l'une des artères principales de la ville, se poursuivront afin de permettre une présentation de ses trésors au public. Depuis novembre 2018, la ville fait l'objet d'une vaste campagne de fouilles inédites, après des années d'abandon de ce joyau de l'antiquité romaine.

https://www.lefigaro.fr/culture/2019/02/15/03004-20190215ARTFIG00115--pompei-decouverte-d-une-exceptionnelle-fresque-representant-le-mythe-de-narcisse.php

vendredi 3 janvier 2020

Bonne année !...

Je vous souhaite, chères et chers amis d'Ovide une



Qu'Apollon nous éclaire...

Que Mars nous épargne...

Que Jupiter nous préserve...

Que Vénus nous accompagne...

Que Fortune nous favorise...

Que Santé nous assiste...

Et, si ce n'est pas trop demander, que chacun aille en joie...

Bien amicalement,
Jean-Luc

mardi 24 décembre 2019

Joyeux Noël !...

Ce soir, chères et chers amis d'Ovide, le Père Noël a pris les traits d'Hélène Vial pour venir déposer dans votre petit soulier un inestimable conseil de lecture...
Partageons-le, si vous le voulez bien...
Joyeux Noël à vous tous !...

                                    

Et si vous lisiez les Métamorphoses d’Ovide !

Dans les premières pages de son livre Comment la méditation a changé ma vie… et pourrait bien changer la vôtre ! (Paris, Odile Jacob, 2012), la psychologue Jeanne Siaud-Facchin présente sous la forme d’un tableau synthétique toutes les bonnes raisons que le lecteur a, selon elle, de se mettre à la méditation. Dans la colonne de gauche, des questions : « Vous êtes facilement ou trop souvent anxieux ? », «Vous avez l’impression que le temps file trop vite et que vous n’avez le temps de rien ? », « Vous ne pouvez jamais vous arrêter de penser ? », etc. Dans celle de droite, en face de chaque question, une réponse, toujours la même : « Méditez ».
L’intérêt de lire les Métamorphoses d’Ovide en cette extrême fin d’année 2019 pourrait parfaitement être présenté de la même manière, tant il est multiple et englobe, bien au-delà du seul domaine intellectuel, tous les champs de la vie. Cela pourrait donner, dans l’ordre ou le désordre:

Vous avez entendu dire que Narcisse meurt en se noyant dans l’eau où il est tombé amoureux de son reflet, mais vous trouvez une telle mort vraiment trop bête ?*
* Spoiler : vous avez raison. Et, quand vous aurez lu ce passage – l’un des plus beaux de la littérature mondiale –, vous verrez que le mythe d’Œdipe s’y cache peut-être.
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous vous demandez qui est ce Pygmalion que l’on évoque quand, en pédagogie, on parle d’« effet Pygmalion » ou que, dans les médias d’information « people », on évoque l’union de célèbre producteur avec la jeune chanteuse dont il a bâti la carrière ou le mariage de cet expert chinois en intelligence artificielle avec le robot humanoïde d’apparence féminine dont il est l’inventeur ? Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Plus largement, vous voulez devenir incollable sur la mythologie grecque et romaine*, mais sans avoir pour cela à parcourir un ennuyeux manuel ?
* À une exception près : Œdipe (lisez donc l’Œdipe roi de Sophocle pour compléter), qu’Ovide, étrangement, laisse de côté. Quoique…
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous pensez que Shakespeare a créé à partir de rien les amants tragiques de sa pièce Roméo et Juliette ? Lisez les Métamorphoses d’Ovide*
* Indice : c’est au livre IV.
Vous aimeriez savoir comment sont nés la Grande Ourse, la chauve-souris, le mont Atlas, le fleuve Ciane ou le rocher de Scilla que l’on admire l’un en Sicile, l’autre en Calabre, l’araignée, l’image de la corne d’abondance, le cyprès, la myrrhe, les singes* ou le pic-vert ?
* Dont vous croyez peut-être que nous sommes les descendants ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous n’imaginez pas comment il est possible de décrire un homme devenant un loup, une statue d’ivoire une femme ou un groupe de pirates des dauphins bondissant gracieusement dans la mer ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous voulez (re)prendre goût à la lecture, ou vous aimez lire mais il y a longtemps que vous n’avez pas été emporté corps et âme par un livre au point de ne pas pouvoir le lâcher ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous aimez les aventures passionnelles avec de l’amour et de la haine, de la joie et du désespoir, des actions grandioses et des ignominies, de beaux mariages et des batailles sanglantes, le tout dans un monde où tout peut à tout moment changer de forme sous la pression irrésistible de ces mêmes passions ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous vous demandez si une épopée peut se déployer sur presque 15.000 vers sans avoir un héros ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide*
* Et vous verrez que ce n’est peut-être pas si totalement vrai qu’il n’y en ait pas.
Vous voulez découvrir un livre qui bouscule toutes vos certitudes, vous déloge de votre confort, vous fasse perdre vos repères et, sous le choc de sa lecture, vous fasse soudain voir le monde – le monde en général, mais aussi celui qui vous entoure, ce cours d’eau qui passe, cette fleur dans votre jardin, le chien du voisin – avec des yeux neufs ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous vous demandez comment un livre, par la vision du monde dont il était porteur, a pu représenter pour le pouvoir une telle provocation qu’il a contribué à la relégation définitive de son auteur aux confins de l’Empire romain ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous pensez que les Grecs et les Romains de l’Antiquité n’étaient pas conscients de la fragilité des écosystèmes, de l’impact de l’action humaine sur la planète et des cataclysmes (réchauffement, inondations…) qu’elle peut provoquer, mais aussi de l’immense résilience de la nature et de la réponse qu’elle apporte à la folie des hommes, quitte à continuer à exister sans eux s’ils ne comprennent pas le message et ne prennent pas les mesures qui s’imposent* ?
* Indice : cette réponse figure dans le titre du poème.
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous vous demandez si la littérature – et peut-être l’art en général – peut changer le monde ? Vous avez la certitude que oui ? Vous avez la certitude que non ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous voulez lire une œuvre dont la fraîcheur, la nouveauté et la beauté traversent les modes et qui, depuis un peu plus de deux millénaires, n’a jamais cessé d’inspirer l’art sous toutes ses formes, des fresques de Pompéi à Picasso en passant par Nicolas Poussin, du Bernin à Rodin, des musiciens des xive et xve siècles à Benjamin Britten, des pantomimes romaines aux spectacles de théâtre, de danse et de cirque contemporains, de la bande dessinée au cinéma ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide
Vous avez détesté le latin quand vous étiez élève et vous pensez que cette langue morte qui vous résistait et à laquelle vous résistiez ne peut pas avoir produit quoi que ce soit qui puisse vous intéresser et vous plaire ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide*
* Si possible dans une édition bilingue, et il est possible que vous regardiez de temps en temps le texte latin et qu’en découvrant en VO les mots de Daphné poursuivie par Apollon, d’Actéon sur le point d’être dévoré par ses propres chiens, de Narcisse comprenant que c’est de lui-même qu’il est amoureux ou de Dryope dont le corps se recouvre peu à peu d’écorce, vous vous disiez : « Que c’est beau ! »
Vous aimez trop le latin et la poésie pour imaginer qu’un texte latin en vers puisse être correctement traduit en français ?
Lisez les Métamorphoses d’Ovide*
* … dans la récente, audacieuse et puissante traduction de l’écrivaine Marie Cosnay aux Éditions de l’Ogre (2017).

Bref, comme le dirait Jeanne Siaud-Facchin : méditez. Méditez tout court, si vous le souhaitez. Méditez sur les Métamorphoses d’Ovide, qui sont elles-mêmes une méditation incroyablement forte, juste et actuelle sur le monde et l’humanité. Quand une telle panacée s’offre aussi facilement à nous, il peut valoir la peine d’en tenter l’expérience.

Hélène Vial,
Maître de conférences HDR de latin – Université Clermont Auvergne
Actualités des études anciennes, ISSN format électronique : 2492.864X, 20/12/2019, https://reainfo.hypotheses.org/19323.



samedi 23 novembre 2019

Un peu de lecture

Voici un livre qui devrait nous aider à passer plus agréablement les mornes soirées d'automne...
Il s'agit d'un ouvrage de Nicola Gardini, dont la traduction française vient de paraître aux Editions de Fallois, et qui s'intitule Avec Ovide.


Quel en est le propos ?
Voici ce qu'en dit l'éditeur :

"Cet essai non conventionnel, dépourvu de tout caractère académique, ne se contente pas de jeter une lumière nouvelle sur l’un des grands poètes de la latinité.
Il invite à une réflexion très actuelle sur l’importance et l’art de redécouvrir les classiques.
Pourquoi Ovide? Parce que, plus encore que Virgile, c’est l’une des sources les plus fécondes de la poésie et de l’art occidentaux.
Montaigne nous dit que c’est avec lui qu’il prit « le goût des livres » et c’est avec lui que d’innombrables générations ont découvert les beautés de la mythologie. La poésie et l’art lyrique ont puisé à pleines mains depuis la Renaissance dans son œuvre majeure – Les Métamorphoses.
Tout cela a été dit maintes fois.
Le propos de Nicola Gardini est plus original.
Dans l’esprit d’une certaine critique moderne qui s’efforce de dépasser la recherche érudite pour accéder, par l’étude des seuls textes, à la pensée intime d’un auteur, à sa vision personnelle, à son «moi profond», Nicola Gardini – pour reprendre l’expression, désormais célèbre de Marcel Proust – met au jour le principe unificateur qui se retrouve dans toutes les œuvres du poète.
Ce principe, c’est la loi du changement, l’instabilité, la mutation constante des formes vivantes et, par voie de conséquence, celles des sentiments, des États, des relations entre tous les éléments de l’univers.
C’est, bien sûr, le thème des Métamorphoses, mais il est ébauché dès ses premiers recueils considérés souvent à tort comme de simples badinages (l’Art d’aimer, les Annales, les Remèdes à l’amour) et repris, avec plus de gravité, dans les grands poèmes de l’exil (les Tristes, les Pontiques).
Ovide (43 av. JC – 18 ap. JC) avait tous les dons requis pour devenir le grand poète national de la Rome impériale après Virgile (70-19 av. JC). Il avait d’ailleurs célébré dans Les Fastes les fêtes du calendrier romain.
Il fut pourtant exilé brusquement par Auguste en 8 ap. JC et finit ses jours misérablement sur les bords de la mer Noire – autant dire au milieu des Barbares.
On a formulé de nombreuses hypothèses sur cette sentence. Aucun historien, en deux mille ans, n’a pu trouver des raisons certaines.
Pour Nicola Gardini, une évidence s’impose : le principe d’instabilité et d’incertitude, que l’on découvre au cœur de ses livres, est radicalement incompatible avec l’idéologie impériale qui suppose la fixité de l’ordre sismique, la stabilité des relations entre les êtres, la rectitude du devenir historique. Pour Auguste, Ovide était donc «un dangereux esprit», comme Fénelon aux yeux de Louis XIV.
Mais c’est aussi cette incompatibilité et le caractère imprévisible des changements chantés avec tant d’éloquence par Ovide qui confèrent à son œuvre, pour nous, son éternelle jeunesse."

Bonne lecture !

vendredi 22 novembre 2019

D'Iris à Isis

La discographie baroque vient de s'enrichir d'un nouvel opus avec la publication d'Isis de Lully et Quinault (1677), par Les Talens lyriques, sous la direction de Christophe Rousset.


Voici ce que nous apprend Classiquenews sur le contexte de sa création.

"Cinquième tragédie en musique conçue par Lully et Quinault, Isis témoigne évidemment des faits marquants du royaume de Louis XIV : le prologue et son contenu encomiastique fait référence à la guerre de Hollande, aux victoires de la marine royale (Neptune paraît) ; c’est somme toute un préalable « ordinaire » et habituel pour une tragédie en musique, comme bientôt à Versailles, la vaste Galerie des glaces a son plafond peint de toutes les batailles du roi guerrier. Sur le plan esthétique et lyrique, Isis qui n’a rien d’égyptien (sauf à l’énoncé final de l’avatar de Io en … Isis, nouvelle déesse honorée sur les rives du Nil) , marque un tournant tout en prolongeant les opus précédents (Cadmus et Hermione, 1673, ; Alceste, 1674 ; Thésée, 1675 et Atys, 1676). Créé devant le Roi à Saint-Germain en Laye, le 5 janvier 1677, Isis est l’une des premières tragédies lyriques nécessitant les machineries (comme plus tard et dans des proportions plus amples et spectaculaires : Persée)… L’acte IV regroupe les épisodes les plus spectaculaires : ceux des supplices inventés par la jalouse et sadique Junon contre Io : frimas glaçants, forges brûlantes, puis arrêt des Parques, elles aussi inflexibles quant à la souffrance de la pauvre et si démunie nymphe aimée de Jupiter… La salle d’opéra de St-Germain, dessinée par Carlo Vigarini (qui en l’occurrence dessine machineries et décors), permet les changements à vue, les vols divins et son parterre peut contenir jusqu’à 650 spectateurs.


Le site est alors puisque Versailles n’existe pas encore, le lieu des représentation royales par excellence. Thésée et Atys y ont déjà été créés. Ayant abandonné la pratique de la danse, le Roi à 37 ans, se passionne surtout dès 1675 pour l’opéra. Chaque ouvrage est présenté devant le souverain très interventionniste (participant au choix des sujets voire aux situations dramatiques), pendant le Carnaval puis repris à Paris. Après Isis, paraîtront encore Proserpine (1680), Le Triomphe de l’Amour (1681), Phaéton (1683) et Roland (1684).
Lully réserve le rôle titre à Marie Aubry, déjà célèbre car elle fut Sangaride dans Atys l’année précédente. A Mlle de Saint-Christophle, ailleurs déesse ou sorcière colérique – elle fut Cybèle dans Atys, revient le personnage rival d’Isis, la fière et haineuse voire barbare Junon.
Comme tous les opéras présentés devant Louis XIV, chaque discipline n’a qu’un but : incarner le prestige et la grandeur de la Cour de France, celle du Roi-Soleil ; l’orchestre d’Isis est important, rien à voir avec les petits ensembles baroqueux dont le public contemporain est familier. Il regroupe jusqu’à 100 instrumentistes, dont les trompettes de la Grande Écurie (qui accompagnent la Renommée et sa suite dans le prologue) et les membres du clan Hotteterre (Louis, Jean, Nicolas, Jeannot) célèbres flûtistes particulièrement exposés dans le divertissement de l’acte III qui évoque la nymphe Syrinx. A la puissance déclamatoire de l’orchestre répond le luxe et le raffinement des costumes dessinés par Jean Bérain.
En répétitions, à Saint-Germain dès le moins de novembre 1676, soit deux mois avant la création, Isis est au cours de sa genèse et des séances préparatoires, promis à un grand succès : en décembre, Quinault lit en avant-première son texte d’après Ovide (livre I) ; le poète baroque français écarte l’épisode où Jupiter amoureux change Io en génisse ; il préfère plutôt traiter l’épisode où le dieu de l’Olympe cache sa maitresse Io, dans une nuée, afin de la protéger des foudres de son épouse, l’irascible et jalouse Junon. Les auditeurs sont enthousiastes. Rien ne laissait présager l’accueil final de l’opéra déclamé, en définitive plutôt réticent, ni l’exil dont allait être victime Quinault. La Montespan se reconnaissant dans le figure de Junon, et ici Io / Isis incarnant la dernière proie du roi égrillard, Isabelle de Ludres, dans les faits historiques, vraie rivale de la maîtresse en titre, obtint du Roi la disgrâce du poète. On ne se moque pas de la Favorite officiel du Soleil : Athénaïs règne sur le cœur de Louis. Isis fut un opéra rapidement remisé dans les placards du scandale et de la honte."

Bonne écoute !

samedi 16 novembre 2019

Une heure avec Ovide...

Vous voulez passer une heure avec Ovide ?...
Rien de plus simple : écoutez en replay l'émission "Ça peut pas faire de mal" de Guillaume Gallienne sur France Inter, consacrée aujourd'hui aux Métamorphoses...

https://www.franceinter.fr/emissions/ca-peut-pas-faire-de-mal


Merci à Daniel, grand ami d'Ovide, de me m'avoir signalé !...
Et bonne écoute à vous !...

vendredi 8 novembre 2019

Iris

Voici deux fois en quelques jours qu'Iris vient visiter Lachapelle...
Une première fois, par le nord-ouest de la colline...


Une deuxième fois, aujourd'hui, par le sud-est...



Sois la bienvenue, messagère des dieux...
Et puisses-tu nous apporter leur  bienveillante protection...

dimanche 3 novembre 2019

Animus

Je viens de découvrir le travail de Laure Boin, et j'ai hâte de partager avec vous ma découverte.


Elle ne revendique pas de filiation ovidienne pour sa série "Animus". Mais ses Biches - tel est le titre de ce dessin - me semblent tout droit sorties des Métamorphoses...

Et que dire de ce Marceau si ce n'est qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à Narcisse ?



Quant à son Grand cerf, n'est-ce pas sous ses traits que l'on se représenterait Actéon ?


Vous voulez, vous aussi, retrouver chez Laure Boin l'univers de la métamorphose ?
Voici donc le lien de son site : http://www.laureboin.com/series/animus/
Et si vous voulez voir ses oeuvres, rendez-vous à la N5 GALERIE, 5 rue Sainte Anne 34000 Montpellier (09 81 05 39 75) du 5 novembre au 31 décembre. 
Je suis sûr que vous allez adorer...


mercredi 30 octobre 2019

A vos plumes...

Une journée d'études sur 'le désir de métamorphose' est annoncée pour le 22 octobre 2020. Elle aura lieu à l'université Toulouse II - Jean Jaurès, et elle est organisée par Corinne Bonnet, professeure d'histoire grecque à l'UT2J et Cristina Noacco, maître de conférences de littérature française médiévale à l'UT2J. Voici l'appel à communication qu'elles ont lancé :


Journée d’études ELH-ERASME
22 octobre 2020

Université de Toulouse 2 Jean Jaurès


Le désir de métamorphose


Appel à communication

Depuis l’Antiquité et jusqu’à l’époque contemporaine, l’homme s’est toujours interrogé sur les limites de sa nature et sur la possibilité de les repousser. À travers les langages les plus différents (philosophique, religieux, médical, littéraire, musical, scientifique, historiographique…), il a tenté de représenter ou de s’attribuer le pouvoir de métamorphose sur la nature, sur autrui et sur lui-même. La supposition d’un état originaire de l’homme comprenant toute les formes de l’Être, le pouvoir de transformation qu’il a reconnu aux dieux gréco-romains, les nouvelles formes de vie après la mort dans lesquelles il a cru, la pierre philosophale qu’il a tenté de produire, ainsi que les transformations du corps qu’il a produites par des opérations chirurgicales et celles des corps sociaux également produites par les passions humaines n’en sont que quelques exemples, rattachés respectivement aux domaines de la philosophie, de la mythologie, de la religion, de l’alchimie, de la chirurgie et de l’histoire sociale.

Les tentatives par l’homme d’augmenter son emprise sur la matière n’ont donc pas été seulement de l’ordre de la représentation (mentale, littéraire, iconographique ou musicale) : à travers ses connaissances et ses techniques (pré)scientifiques, il a apporté des modifications concrètes sur la forme de la nature et sur les caractéristiques de la matière (de même que le forgeron, en chauffant le fer, en modifie la qualité de la dureté, avant même de lui attribuer une forme nouvelle). L’aventure scientifique de l’homme pour la conquête du pouvoir de métamorphose va donc de pair avec le rêve de s’élever en tant que démiurge maîtrisant la matière et ses lois naturelles.

Faire tomber les barrières entre le Moi, autrui et la nature, briser les règles de rattachement des êtres à leur espèce et à leur règne naturel, pouvoir collaborer avec Dieu, voire se substituer à lui, dans la re-création du monde et dans son amendement : telle est la nature du désir de métamorphose que cette enquête se propose d’analyser, à travers des études qui, par des approches et dans des domaines différents, tiennent compte des limites de la nature humaine et du constat regretté de sa finitude.

La métamorphose, telle qu’elle sera considérée dans cette enquête, désigne le passage, durable ou transitoire, d’une forme à une autre, d’un corps à un autre, soit qu’il représente un changement de l’apparence extérieure, soit qu’il rende visible les caractères de l’essence propre au corps. Autrement dit, il peut y avoir une métamorphose accidentelle, des apparences, et une métamorphose ontologique, de l’être.

Les contributions de cette journée d’études tenteront de réfléchir aux différentes formes et techniques de représentation et de production de la métamorphose, de l’Antiquité à nos jours, non seulement à travers une approche scientifique, historique et anthropologique, mais également à travers l’interprétation de la représentation littéraire, symbolique et artistique qui en a été donnée au fil des siècles. Les études théoriques se conjugueront avec les contributions plus spécifiques consacrées aux images que la philosophie, la religion, l’histoire, la littérature, le folklore, les arts figuratifs et la musique ont proposées afin d’illustrer la métamorphose. La réflexion pourra également porter sur la terminologie utilisée pour définir la métamorphose et pour la distinguer de ses concepts avoisinants (anamorphose, catabase, travestissement, variation, mutation…).

Ce projet s’inscrit dans le prolongement d’une enquête menée par Véronique Adam et Cristina Noacco sur La métamorphose et ses métamorphoses dans les littératures européennes. Histoire d’un décentrement (colloque dont les actes ont paru aux Presses du Centre universitaire Champollion, Albi, 2010). L’appel à communication est ouvert aux membres des trois composantes du laboratoire PLH (Patrimoine, Littérature, Histoire) de l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, ainsi qu’aux enseignants-chercheurs des autres composantes de l’UT2J et d’autres universités. Un prolongement de cette journée d’études sera envisagé en 2022 ou en 2023 par l’organisation d’un colloque. Les actes des deux manifestations seront alors réunis dans une seule publication.

Si vous êtes intéressé à participer à cette journée d’études, nous vous remercions de nous transmettre, pour le 31 mars 2020, un titre et un bref résumé de votre article.

Avec nos remerciements anticipés.
Les responsables du projet

Corinne Bonnet, PR d’Histoire grecque, PLH/ERASME, UT2J, corinne.bonnet@univ-tlse2.fr
Cristina Noacco, MCF de Litt. française médiévale, PLH/ELH, UT2J, cnoacco@yahoo.fr

                                               
 

Que celles et ceux qui éprouvent un désir de 'désir de métamorphose' se fassent connaître...