vendredi 8 novembre 2019

Iris

Voici deux fois en quelques jours qu'Iris vient visiter Lachapelle...
Une première fois, par le nord-ouest de la colline...


Une deuxième fois, aujourd'hui, par le sud-est...



Sois la bienvenue, messagère des dieux...
Et puisses-tu nous apporter leur  bienveillante protection...

dimanche 3 novembre 2019

Animus

Je viens de découvrir le travail de Laure Boin, et j'ai hâte de partager avec vous ma découverte.


Elle ne revendique pas de filiation ovidienne pour sa série "Animus". Mais ses Biches - tel est le titre de ce dessin - me semblent tout droit sorties des Métamorphoses...

Et que dire de ce Marceau si ce n'est qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau à Narcisse ?



Quant à son Grand cerf, n'est-ce pas sous ses traits que l'on se représenterait Actéon ?


Vous voulez, vous aussi, retrouver chez Laure Boin l'univers de la métamorphose ?
Voici donc le lien de son site : http://www.laureboin.com/series/animus/
Et si vous voulez voir ses oeuvres, rendez-vous à la N5 GALERIE, 5 rue Sainte Anne 34000 Montpellier (09 81 05 39 75) du 5 novembre au 31 décembre. 
Je suis sûr que vous allez adorer...


mercredi 30 octobre 2019

A vos plumes...

Une journée d'études sur 'le désir de métamorphose' est annoncée pour le 22 octobre 2020. Elle aura lieu à l'université Toulouse II - Jean Jaurès, et elle est organisée par Corinne Bonnet, professeure d'histoire grecque à l'UT2J et Cristina Noacco, maître de conférences de littérature française médiévale à l'UT2J. Voici l'appel à communication qu'elles ont lancé :


Journée d’études ELH-ERASME
22 octobre 2020

Université de Toulouse 2 Jean Jaurès


Le désir de métamorphose


Appel à communication

Depuis l’Antiquité et jusqu’à l’époque contemporaine, l’homme s’est toujours interrogé sur les limites de sa nature et sur la possibilité de les repousser. À travers les langages les plus différents (philosophique, religieux, médical, littéraire, musical, scientifique, historiographique…), il a tenté de représenter ou de s’attribuer le pouvoir de métamorphose sur la nature, sur autrui et sur lui-même. La supposition d’un état originaire de l’homme comprenant toute les formes de l’Être, le pouvoir de transformation qu’il a reconnu aux dieux gréco-romains, les nouvelles formes de vie après la mort dans lesquelles il a cru, la pierre philosophale qu’il a tenté de produire, ainsi que les transformations du corps qu’il a produites par des opérations chirurgicales et celles des corps sociaux également produites par les passions humaines n’en sont que quelques exemples, rattachés respectivement aux domaines de la philosophie, de la mythologie, de la religion, de l’alchimie, de la chirurgie et de l’histoire sociale.

Les tentatives par l’homme d’augmenter son emprise sur la matière n’ont donc pas été seulement de l’ordre de la représentation (mentale, littéraire, iconographique ou musicale) : à travers ses connaissances et ses techniques (pré)scientifiques, il a apporté des modifications concrètes sur la forme de la nature et sur les caractéristiques de la matière (de même que le forgeron, en chauffant le fer, en modifie la qualité de la dureté, avant même de lui attribuer une forme nouvelle). L’aventure scientifique de l’homme pour la conquête du pouvoir de métamorphose va donc de pair avec le rêve de s’élever en tant que démiurge maîtrisant la matière et ses lois naturelles.

Faire tomber les barrières entre le Moi, autrui et la nature, briser les règles de rattachement des êtres à leur espèce et à leur règne naturel, pouvoir collaborer avec Dieu, voire se substituer à lui, dans la re-création du monde et dans son amendement : telle est la nature du désir de métamorphose que cette enquête se propose d’analyser, à travers des études qui, par des approches et dans des domaines différents, tiennent compte des limites de la nature humaine et du constat regretté de sa finitude.

La métamorphose, telle qu’elle sera considérée dans cette enquête, désigne le passage, durable ou transitoire, d’une forme à une autre, d’un corps à un autre, soit qu’il représente un changement de l’apparence extérieure, soit qu’il rende visible les caractères de l’essence propre au corps. Autrement dit, il peut y avoir une métamorphose accidentelle, des apparences, et une métamorphose ontologique, de l’être.

Les contributions de cette journée d’études tenteront de réfléchir aux différentes formes et techniques de représentation et de production de la métamorphose, de l’Antiquité à nos jours, non seulement à travers une approche scientifique, historique et anthropologique, mais également à travers l’interprétation de la représentation littéraire, symbolique et artistique qui en a été donnée au fil des siècles. Les études théoriques se conjugueront avec les contributions plus spécifiques consacrées aux images que la philosophie, la religion, l’histoire, la littérature, le folklore, les arts figuratifs et la musique ont proposées afin d’illustrer la métamorphose. La réflexion pourra également porter sur la terminologie utilisée pour définir la métamorphose et pour la distinguer de ses concepts avoisinants (anamorphose, catabase, travestissement, variation, mutation…).

Ce projet s’inscrit dans le prolongement d’une enquête menée par Véronique Adam et Cristina Noacco sur La métamorphose et ses métamorphoses dans les littératures européennes. Histoire d’un décentrement (colloque dont les actes ont paru aux Presses du Centre universitaire Champollion, Albi, 2010). L’appel à communication est ouvert aux membres des trois composantes du laboratoire PLH (Patrimoine, Littérature, Histoire) de l’Université de Toulouse 2 Jean-Jaurès, ainsi qu’aux enseignants-chercheurs des autres composantes de l’UT2J et d’autres universités. Un prolongement de cette journée d’études sera envisagé en 2022 ou en 2023 par l’organisation d’un colloque. Les actes des deux manifestations seront alors réunis dans une seule publication.

Si vous êtes intéressé à participer à cette journée d’études, nous vous remercions de nous transmettre, pour le 31 mars 2020, un titre et un bref résumé de votre article.

Avec nos remerciements anticipés.
Les responsables du projet

Corinne Bonnet, PR d’Histoire grecque, PLH/ERASME, UT2J, corinne.bonnet@univ-tlse2.fr
Cristina Noacco, MCF de Litt. française médiévale, PLH/ELH, UT2J, cnoacco@yahoo.fr

                                               
 

Que celles et ceux qui éprouvent un désir de 'désir de métamorphose' se fassent connaître...

lundi 21 octobre 2019

Tirésias à Rabastens


Oliviero Vendraminetto, un ami d'Ovide, me fait savoir que le spectacle Tirésias ou le droit d'aimer sera proposé très prochainement à Rabastens.
Bon spectacle !


jeudi 17 octobre 2019

Il est arrivé !...

Découvrez l’ouvrage « Ovide, le transitoire et l’éphémère. Une exception à l’âge augustéen ? » d’Hélène Casanova-Robin et de Gilles Sauron.


Grâce au regard croisé de spécialistes de la poésie ovidienne et d'historiens de l'art romain, est ici explorée la caractéristique la plus originale de la poésie ovidienne, dans son articulation avec la pensée politique, intellectuelle et esthétique de l'âge augustéen.

dimanche 13 octobre 2019

Ovide et Montaigne

On se souvient des multiples citations de Sénèque qui émaillent les Essais de Montaigne. Mais on se doute peut-être moins de la fréquence avec laquelle Ovide y est mentionné, de l'importance que le penseur accorde au poète.
Pour nous le rappeler, rien ne vaut un retour aux sources. Je vous propose de le faire en compagnie de Jo Lavie, professeur de français à la retraite, qui a entrepris de transposer en français moderne des extraits des Essais. Merci à elle de m'avoir amicalement autorisé à reproduire ici ceux qui concernent Ovide.



Tome I, chapitre XXVI
Mon premier amour pour les livres, je le dois au plaisir que j’eus à lire les Métamorphoses d’Ovide. Car aux environs de sept ou huit ans, je renonçais à tout autre plaisir pour celui de les lire, d’autant plus que cette langue était comme ma langue maternelle, que c’était le livre le plus facile que je connusse, et le plus adapté à mon âge par son contenu. 
Car des Lancelots du Lac, des Amadis, des Huons de Bordeaux, et tel fatras de livres à quoi l’enfance s’amuse, je n’en connaissais pas seulement le nom.

Tome II, chapitre X
Parmi les livres simplement agréables, je trouve chez les modernes : le Décaméron de Boccace, Rabelais, et les Baisers de Jean Second (si on peut les mettre dans cette catégorie) méritent qu’on y consacre un peu de temps. Quant aux Amadis et aux écrits de ce genre, ils n’ont même pas eu de succès auprès de moi dans mon enfance. Je veux dire encore ceci, audacieusement ou témérairement : ma vieille âme un peu lourde ne se laisse plus volontiers chatouiller par les charmes non seulement de l’Arioste, mais même par ceux du brave Ovide ; sa facilité et ses inventions, qui m’ont ravi autrefois, c’est à peine si elles me parlent encore maintenant.
Tome II, chapitre XII
Remarquons d’ailleurs que nous sommes le seul animal dont la nudité offense ses semblables, et le seul qui doit se cacher de ceux de son espèce pour satisfaire ses besoins naturels. C’est aussi un aspect digne de considération que ceux qui sont les maîtres en la matière prescrivent comme remède aux passions amoureuses la vue entière et libre du corps convoité, et prétendent que pour refroidir l’affection, il n’est besoin que de voir librement ce que l’on aime :
Qui découvre au grand jour les secrètes parties du corps de l’être aimé,
sent sa passion s’éteindre au milieu des transports.
Ovide, Remèdes à l'amour, 429
***
On raconte aussi l’histoire d’un dragon amoureux d’une fille, celle d’une oie éprise d’un enfant, dans la ville d’Asope, et d’un bélier faisant sa cour à la musicienne Glaucia. Et l’on voit couramment des singes furieusement épris d’amour pour des femmes, et l’on voit aussi certains animaux mâles s’adonner à l’amour de leurs congénères du même sexe.
Quelques exemples montrent le respect que les animaux attachent à la parenté lors de leurs mariages, mais l’expérience nous montre bien souvent le contraire :
La génisse n’a pas honte de se livrer à son père,
Et la pouliche au cheval dont elle est née ;
Le bouc s’unit aux chèvres qu’il a engendrées,
Et l’oiselle à l’oiseau qui lui donna le jour.
Ovide, Métamorphoses, X, 325
***
Et que dire de l’intelligence de Pygmalion, si troublé par la vue de sa statue d’ivoire qu’il l’aime et la courtise comme si elle était vivante !
Il la couvre de baisers et croit qu’elle y répond ; il la saisit, l’embrasse, il croit sentir
son corps fléchir sous ses doigts ; il craint, en la pressant, de laisser une empreinte livide.
Ovide, Métamorphoses, X, 243-245

Tome III, chapitre IV
Atalante, jeune fille d’une beauté extrême et d’une étonnante agilité, fit savoir à la foule des soupirants qui la demandaient en mariage qu’elle accepterait celui qui l’égalerait à la course, mais à la condition que ceux qui n’y parviendraient pas en perdraient la vie, et plus d’un estimèrent que le prix valait la peine de courir le risque de ce cruel marché. Hippomène, ayant à faire son essai à son tour, s’adressa à la déesse patronne de cette amoureuse ardeur, l’appelant à son secours ; celle-ci, exauçant sa prière, le munit de trois pommes d’or, et lui enseigna comment s’en servir. Le départ de la course une fois donné, quand Hippomène sentit sa maîtresse sur ses talons, il laissa échapper, comme par inadvertance, une des pommes, et elle, captivée par la beauté de l’objet, ne manqua pas de se détourner pour la ramasser :
La fille est saisie d’étonnement, et conquise par le fruit brillant,
Se détourne de sa course, et ramasse cet or qui roule.
Ovide, Métamorphoses, X, 666-667
Il en fit autant, au bon moment, avec la deuxième et la troisième, jusqu’au moment où, grâce à cette ruse et cette diversion, l’avantage de la course lui fut acquis.

Tome III, chapitre V
Lucullus, César, Pompée, Antoine, Caton et d’autres grands hommes ont été cocus et l’apprirent sans que cela fasse grand bruit. Il n’y eut en ce temps-là que ce sot de Lépide qui en mourut d’angoisse. Et le dieu de Virgile [Vulcain], quand il surprit sa femme avec l’un de ses compagnons [le dieu Mars], se contenta de leur faire honte,
Et l’un des dieux, et non des plus austères, aimerait encourir un pareil déshonneur.
Ovide, Métamorphoses, IV, 187-188

Tome III,  chapitre XIII
Jeune, je me suis prêté autant licencieusement et inconsidérément qu’un autre au désir qui me saisissait.
Et j’ai combattu non sans gloire
Horace, Odes, III, 26, 2
mais plus toutefois, en durée et en constance qu’en saillie [exploits] :
Je me souviens à peine d’y être allé six fois
Ovide, Amours, III, 7, 26.
a
[Allusion aux rapports sexuels dont Christophe Bardyn dit qu’ils étaient brefs pour Montaigne en raison de la petite taille de son sexe. « Six fois », c’est quand même un exploit ! ]
Certes, il m’est pénible, mais extraordinaire aussi, de confesser combien j’étais jeune quand je me suis trouvé pour la première fois soumis à Cupidon ! Ce fut vraiment par hasard, car c’était bien avant d’avoir l’âge de savoir ces choses et d’être capable de choisir. Les souvenirs que j’ai de moi-même ne remontent guère aussi loin... [Selon certains, il insinuerait avoir été caressé et masturbé par sa nourrice.] Et l’on peut joindre mon sort à celui de Quartilla qui ne se souvenait pas d’avoir été vierge.

N. B. : Les passages entre crochets droits sont des ajouts de Jo Lavie.

vendredi 11 octobre 2019

Clytie à Lachapelle...

Qui l'eût cru ? La terrible histoire de Clytie aurait pour théâtre non pas le lointain Orient, comme l'écrit Ovide, mais les doux coteaux de la proche Lomagne...
 
Regardez la nymphe, entourée de ses soeurs, toutes métamorphosées en tournesol...


Voyez comme sa tête est lourde, comme elle l'incline pesamment vers le sol...
Elle qui passait ses journées à suivre des yeux la course de Phébus, le dieu Soleil, dans son char de lumière, elle lui tourne désormais le dos...


C'est qu'elle a trop souffert par lui. Rappelez-vous...
Le Soleil l'avait aimée puis s'était détourné d'elle au profit de la belle Leucothoé. Espérant retrouver son amant une fois sa rivale évincée, Clytie révèle à Orchamus, le père de Leucothoé, que sa fille s'est unie à Phébus. Le père punit sa fille en l'enterrant vivante, punition d'autant plus injuste que Leucothoé avait subi le viol du Soleil...
Mais la disparition de sa rivale ne permet pas à Clytie de retrouver l'amour de Phébus : il continue à parcourir le ciel sur son char, plein de ressentiment pour la nymphe... Voilà pourquoi elle se consume, se dessèche, se réduit à l'état de tige dure, voit ses bras devenir feuilles fanées. Elle finit par implorer les dieux de la délivrer de son triste sort...

Mais, que vois-je ?...
Ne serait-ce pas Phébus en personne qui approche sur son char et dans un nuage de fumée - ou de poussière ?


Celui dont l'infidélité t'avait fait mourir une première fois, Clytie, va exaucer ta prière et te soustraire à ton insupportable souffrance. Tu rejoindras ainsi dans la mort la longue cohorte des amantes malheureuses...

Phébus t'a prise dans ses bras...


T'a soulevée avec délicatesse...


Sans parvenir à retirer de ton coeur, aujourd'hui desséché mais naguère encore saignant, la flèche cruelle qu'y avait plantée Cupidon...


Repose en paix, Clytie, et puisse ta triste fin détourner tes jeunes compagnes des amours inaccessibles...


PS : Merci à Jean-Jacques, agriculteur à Lachapelle, qui m'a accueilli à bord de sa moissonneuse...




mercredi 9 octobre 2019

Tendez l'oreille à l'Olympe !...

Depuis quelques semaines Christophe Dilys, producteur de l'émission de France musique "Tendez l'oreille !", nous invite chaque samedi matin à 10h52 à faire pendant quelques minutes un tour sur l'Olympe - comprenez à écouter de la musique inspirée par la mythologie grecque...

https://www.francemusique.fr/emissions/tendez-l-oreille

Il a commencé le 21 avec "Les faunes et la musique"...
https://www.francemusique.fr/emissions/tendez-l-oreille/tendez-l-olympe-les-faunes-et-la-musique-75840


Continué le 28 avec "Prométhée et les créatures du feu"...
https://www.francemusique.fr/emissions/tendez-l-oreille/tendez-l-oreille-du-samedi-28-septembre-2019-75984



Le 5 octobre avec "Les Muses Euterpe et Terpsichore"...
https://www.francemusique.fr/emissions/tendez-l-oreille/tendez-l-oreille-du-samedi-05-octobre-2019-76240


Et samedi prochain, Christophe, à quoi aurons-nous droit ?...

mercredi 2 octobre 2019

Narcisse et Echo à la Biennale de Toulouse

Narcisse et Echo se donnent en spectacle aujourd'hui, mercredi 2 octobre (21h), et demain, jeudi 3 (19h), à Toulouse, au Théâtre de la Cité. Merci à Anne-Marie de me l'avoir rappelé...

 

"Narcisse et Écho ne sera pas un projet sur les sujets des selfies et du narcissisme. Il s’agit d’abord d’une histoire d’amour. Écho aime Narcisse, mais elle est condamnée à ne pouvoir que répéter les derniers mots qui lui sont adressés. Narcisse subit lui aussi un châtiment : il ne peut aimer que lui-même, et cet amour ne sera jamais satisfaisant. Tous les deux sont incapables de communiquer. La rencontre se refuse à eux, le nous est impossible. En fin de compte ils restent solitaires, renvoyés à eux-mêmes, complémentaires dans leur enfermement. C’est cette solitude profonde du moi que David Marton veut raconter. Le phénomène social du narcissisme, autant que celui de l’écho, sont des formes extrêmes de cette solitude. Aujourd’hui, nous ne sommes pas moins seuls qu’avant la révolution numérique."

Conception et mise en scène : David Marton
Scénographie : Christian Friedländer
Dramaturgie : Lucien Strauch, Barbara Engelhardt
Composition : Paul Brody, Michael Wilhelmi
Création sonore : Daniel Dorsch
Costumes : Valentine Solé
Assistanat mise en scène : Lisa Como
Avec : Thorbjörn Björnsson, Paul Brody (trompette), Vinora Epp, Marie Goyette, Michael Wilhelmi (piano)

https://labiennale-toulouse.com/index.php/js_events/narcisse-et-echo/

Bon spectacle !

mardi 1 octobre 2019

Apollo et Dafne

Le label Accent nous propose le CD d'une cantate de Johann Gottlieb Graun (1703-1771) inspirée de la fable d'Apollon et Daphné.


On y retrouve la soprano Hannah Morrison et le Main Barockorchester.
En voici un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=FulfYBD96DQ
Vous avez aimé ?
En voici un autre : https://www.youtube.com/watch?v=HmM5vgh5gp0

Bonne écoute !...


dimanche 15 septembre 2019

Encore Lachapelle...

Je vous ai récemment parlé de Lachapelle et de sa chapelle...
Mais que n'ai-je pas découvert à quelques centaines de mètres de ce joyau baroque ? Quelque chose comme un conservatoire des Métamorphoses... Si, si... Jugez plutôt...
On y est accueilli par un Cyparissus ébouriffé - à moins qu'il ne fasse de grands gestes pour être le premier à recevoir votre visite...


Comme on pouvait s'y attendre, Apollon est tout près, ou du moins son laurier : guette-t-il l'occasion d'unir ses branches à celles de son jeune amant trop tôt disparu ?...


A peine plus loin s'élance un frêne majestueux. Sans doute abrite-t-il quelque Méliade, nymphe née de la terre fécondée par le sang d'Ouranos...


Ce n'est pas un arbre dont on fait les flûtes, non... Plutôt les lances ; celle d'Achille fut faite dans un frêne du Pélion, montagne de Thessalie. Mais, dites-moi : dans cet enchevêtrement de frondaisons, comment s'y prend-on pour faire une lance ?

Plus facile de cueillir un fruit au verger voisin...


Est-ce donc ici, Acontius, que tu cueillis la pomme dont tu fis cadeau à Cydippe pour la contraindre à te prendre pour époux ? Tu avais gravé dans ce beau fruit la phrase : "Je jure par le temple d'Artémis de me marier avec Acontius". Cydippe prend le fruit, lit à haute voix ; la voilà aussitôt solennellement engagée à celui qu'elle n'aime pas et qu'elle finira par épouser, pour honorer sa promesse...
Mais, me diront certains, Acontius n'a pas gravé sa formule dans un pomme mais dans un coing... Qu'à cela ne tienne : il n'y a qu'à se servir en coings...


Mon attention est soudain attirée par trois étranges personnages...


Où se hâtent-ils donc ? A n'en pas douter, ils vont faire cercle autour d'Orphée et se joindre à l'assemblée des grands arbres qui ont déjà pris place autour du poète...


Des sanglots semblent se faire entendre à proximité. Serait-ce quelque auditeur trop sensible au chant d'Orphée et incapable de contenir son émotion en entendant le récit de la mort tragique d'Adonis ou de celle de Myrrha ?
Mais non...
Il s'agit des filles du Soleil, les Héliades, qui pleurent la disparition de leur frère, l'infortuné Phaéton. Il avait obtenu de pouvoir conduire le char de son père sans savoir que ce qui devait faire son bonheur ferait sa perte. Le voici maintenant gisant au milieu de ses soeurs, qui pleurent leurs larmes d'ambre...


Voilà bien un jardin extraordinaire et dont je suis sûr qu'il réserve encore mille et un enchantements à qui sait y regarder de plus près...
Eh bien, je veux être celui-là !...
Et si vous ne me faussez pas compagnie, je vous ferai partager mes découvertes.
Car je ne pars pas d'ici !...