lundi 1 juin 2020

Ariane à Thésée (08)


Ou si des hommes cultivent et habitent, ce lieu, je me défie d'eux. Mes malheurs m'ont trop appris à craindre les étrangers. Plût au ciel qu'Androgée vécût, et que tu n'eusses pas expié, terre de Cécrops, un meurtre impie par tes funérailles ! Que ton bras cruel, armé d'une noueuse massue, n'eût pas, ô Thésée, immolé le monstre, homme en partie, en partie taureau ! Que je n'eusse pas, pour diriger ton retour, confié à tes mains un fil qu'elles attiraient vers toi !
Je ne m'étonne pas, au reste, que la victoire te soit restée, et que le monstre ait teint de son sang la terre de Crète. Sa corne ne pouvait percer un cœur de fer. Sans bouclier, ta poitrine suffisait pour ta défense. Tu portais là le caillou, là le diamant, et tu es là Thésée, plus dur que le caillou. 

Traduction Théophile Baudement
Photo et montage Isabelle Jouteur copyright ©

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