L'université américaine de Baylor (Waco, Texas) a organisé le vendredi 9 février un colloque international sur Ovide, plus particulièrement orienté sur l'aspect rhétorique de son oeuvre. En voici le programme.
Vous aurez reconnu, parmi tous ces amis d'Ovide, Alessandra Romeo, Eleonora Tola, Hélène Vial et Laurent Pernot, que je salue...
Entre tant de communications toutes plus alléchantes les unes que les autres, j'aimerais bien avoir le texte de celle de Julia Hejduk "Lessons from a Doctor of Irony". Car s'il se flattait d'être "professeur d'amour" (praeceptor amoris), on peut aussi lui reconnaître la suprématie dans cet autre secteur. J'attendrai la publication des actes...
En attendant, donc, pourquoi ne pas s'imaginer "Ovide au Texas" - je chipe la formule à Hélène Vial ?... Relégué aux confins du monde civilisé et du monde barbare...
Ecoutons-le décrire le pays qui l'entoure...
La
terre est en jachère, elle ne produit pas.
Le doux raisin ne s’y cache pas à
l’ombre du pampre
Et
le moût bouillonnant n’emplit pas les cuviers.
Pas un fruit dans ce pays ; Acontius
n’y trouverait
Pas
de pomme où graver son message à sa belle.
On voit des plaines nues, dépourvues
d’arbres, de feuillage ;
Non,
ce n’est pas ici qu’on trouve le bonheur !
Tristesses III, 10, 70-76
Ou encore...
Là où pousse la vigne, le sarment porte
un bourgeon,
Mais
la vigne pousse vraiment loin du Texas ;
Là où poussent les arbres, sur l’arbre
gonfle un rameau,
Mais
les arbres poussent vraiment loin du Texas.
Tristesses, III, 12, 13-16, légèrement modifié
L’ennemi
barbare, à cheval, se rue sur nous.
Ce cavalier hors pair, qui fait voler
au loin ses flèches,
Ravage
largement la terre avoisinante.
Tristesses, III, 10, 54-56
Imaginons-le en train de tuer le temps en faisant de longues promenades à cheval...
Et de déplorer sa solitude de banni...
I'm a poor lonesome poet...
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