samedi 7 février 2026

Métamorphoses aux Augustins (II) !

Je vous ai naguère fait découvrir les chapiteaux romans et mythologiques du musée des Augustins de Toulouse (cf. mon article du 16 janvier). Eh bien, je vous propose de poursuivre aujourd'hui notre visite en parcourant la salle de peinture et de sculpture du XIXe siècle.

Les choses commencent dès le monumental escalier de Denis Darcy, qui mène au premier étage. Au détour d'une volée de marches, nous voici menacés par la flèche de la Diane chasseresse du sculpteur toulousain Alexandre Falguière (1831-1900).

                                                      Alexandre Falguière (1831-1900), Diane, 1887 

La déesse est communément qualifiée de "court vêtue". Effectivement, il serait difficile de faire plus court et moins vêtu...


 Nous sommes attirés quelques pas plus loin par les échos de la lyre d'Orphée...

Louis Jacquesson de la Chevreuse (1839-1903), Orphée aux Enfers, 1886

Le chantre cherche à convaincre les souverains des Enfers, Pluton et Proserpine, de laisser Eurydice regagner la surface de la terre. On sait ce qu'il adviendra... Aux pieds du couple royal, les juges des Enfers, qui n'ont pas l'air d'être bien sensibles à la beauté du chant orphique. Quant à Louis Jacquesson, il a été assez convaincant pour obtenir, avec cette toile, le second grand prix de Rome en 1865.

Autre scène musicale, Anachréon, Bacchus et l'Amour, que l'on doit à Jean-Léon Gérôme.

                                     Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Anachréon, Bacchus et l'Amour, 1848

Spontanément, j'aurais dit que cette oeuvre-ci était plus récente que celle-là. Erreur : elle est plus moderne, sans doute, mais plus ancienne. C'est, en tout cas, ma préférée de l'artiste, qui en a pourtant peint beaucoup, et de bien belles...

Tout à fait saisissante est cette sculpture de Laurent-Honoré Marqueste, qui représente Persée s'apprêtant à décapiter la gorgone Méduse.

                                                Laurent-Honoré Marqueste (1848-1920), Persée et Gorgone, 1875
 

Comme le dit justement le cartel, "l'artiste oppose la terreur de la gorgone à l'impassible détermination du héros".

Qui résistera au charme de Chloris ?

                                          Jean-Jacques Pradier (dit James Pradier, 1790-1852), Chloris caressée par Zéphyr,1849 

Sûrement pas le dieu Zéphyr, divinisation du tiède vent d'ouest qui, de sa caresse, réveille la végétation au printemps. Il aurait enlevé Chloris pour faire d'elle son épouse et la déesse des fleurs - promotion par laquelle le dieu cherchait à se faire pardonner la brutalité de l'enlèvement.

 

"Plus sensuelle que surprise", dit le cartel.

James Pradier fut troisième au prix de Rome en 1812 et, persévérant, reçut le premier prix en 1813. Cela ne suffit pas à lui valoir les faveurs de Baudelaire, qui écrit à son sujet : « Ce qui prouve l'état pitoyable de la sculpture, c'est que M. Pradier en est le roi. Au moins celui-ci sait faire de la chair, et il a des délicatesses particulières du ciseau ; mais il ne possède ni l'imagination nécessaire aux grandes compositions, ni l'imagination du dessin. C'est un talent froid et académique » (Curiosités esthétiques, Salon de 1846). Le voilà vêtu pour l'hiver... 

Pour terminer, un buste en terre cuite plein de fraîcheur que l'on doit à Jean-Baptiste Carpeaux, La Bacchante aux roses.

                                                  Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), La Bacchante aux roses, 1873
 

J'espère que la balade vous a plu et vous a donné envie de venir sur place découvrir le reste des trésors du musée des Augustins. Car il vous reste encore bien des trésors à admirer, en particulier la belle et froide Cléopâtre sur son lit de mort, que l'on doit à Jean-André Rixens (1816-1925). Vaut le voyage !



 

 

vendredi 6 février 2026

Cet été, je lis les Métamorphoses !

Non, ceci n'est pas un engagement que je vous invite à prendre, mais la formule que le ministère de l'Education Nationale invite les petits grimauds de CM2 à prononcer.



Eh oui ! Vous l'avez vu : la lecture de vacances pour les écoliers entrant en 6e sera les Métamorphoses d'Ovide ! Bien sûr, dans une version adaptée à leurs capacités de lecteurs.

Voici plus de détail concernant cette initiative : 

"Cet été, je lis !

Un livre offert à tous les élèves de CM2

Au mois de juin 2026, les élèves de CM2, qui prennent le chemin du collège, disposeront chacun d’un exemplaire des Métamorphoses du poète latin Ovide.

Pour que la lecture soit un vrai moment de plaisir, le texte sera traduit, modernisé, illustré et accompagné de jeux !

Les élèves pourront ainsi découvrir des dieux, des déesses, des héros de la mythologie gréco-romaine avant de les retrouver au programme de 6e et en parler avec leurs professeurs.

Des ressources, élaborées par un comité d'élèves, d'enseignants, d'inspecteurs et d'auteurs seront mises à leur disposition sur éduscol, dès le mois de février 2026."

Pour entendre le ministre de l'Education en personne détailler la chose à deux petits grimauds de CM2, cliquez sur le lien suivant :

https://www.education.gouv.fr/cet-ete-je-lis-450312

Ce slogan ministériel me donne d'ailleurs une idée : et si nous nous fixions pour objectif de (re)lire les Métamorphoses en 2026 ?

Chiche ! 

samedi 31 janvier 2026

Deux tragédies lyriques

Fait rare, paraissent le même jour deux opéras baroques ou, pour mieux dire, deux tragédies lyriques : Atys, de Jean-Baptiste Lully, sous le label "Alpha Classics", et Médée et Jason, de Joseph-François Salomon, chez "Château de Versailles Spectacles". En tout, près de 5h30 de musique !

 

Voici ce qu'en pense François Hudry, critique musical de la plateforme Qobuz :

"Il aura fallu un long et patient travail d’équipe entre le Centre de musique baroque de Versailles sous la houlette du musicologue Benoît Dratwicki et du chef Alexis Kossenko pour mettre au point cette nouvelle version d’Atys, de Philippe Quinault pour le livret et Jean-Baptiste Lully pour la musique, restituée ici au plus près de la création de cette tragédie lyrique au château de Saint-Germain-en-Laye le 10 janvier 1676 devant le roi Louis XIV qui aimait cet opéra au point d’en fredonner lui-même quelques airs. Après sa renaissance en 1986 sous la direction de William Christie qui donna un brillant coup d’envoi à la redécouverte de la musique baroque française, l’oeuvre a été reprise à plusieurs reprises par Hugo Reyne, Christophe Rousset et Leonardo Garcia-Alarcón. C’est à présent Alexis Kossenko à la tête des Ambassadeurs et de La Grande Ecurie qui s’en sont emparés en la présentant présenté (sic) en concert et sur scène avant de l’immortaliser dans cette nouvelle et brillante publication. La direction chaleureuse et énergique de Kossenko n’a plus rien d’une exhumation et vient galvaniser une distribution sans faille dominée par les personnages principaux superbement incarnés par Mathias Vidal (Atys), Véronique Gens (Cybèle) et Sandrine Piau (Sangaride) pour ne citer qu’eux très injustement. Cette nouvelle version s’écoute avec une sorte d’exaltation de chaque instant grâce à une qualité musicale qui ne faiblit à aucun moment et à une prise de son très vivante aux couleurs chatoyantes. Fruit d’une musicologie éclairée et d’une interprétation quasi idéale, cette nouvelle version d’un opéra devenu mythique est une totale réussite."

Voilà qui donne envie de se précipiter chez son disquaire ou sur son ordinateur... 


Et voici ce qu'il faut savoir de Jason et Médée :

"Le mythe de Médée et Jason a inspiré de nombreux compositeurs et librettistes, la version française la plus connue de l’opéra étant Médée de Marc-Antoine Charpentier. Reinoud Van Mechelen et son ensemble a nocte temporis ont choisi pour leur part de faire renaître la version de Joseph-François Salomon, parue vingt ans après celle de Charpentier. Médée et Jason de 1713 est tombé dans l’oubli mais a néanmoins connu une belle popularité au XVIIIe siècle puisque l’opéra fut repris à plusieurs reprises à La Monnaie de Bruxelles en 1726. L’abbé Simon-Joseph Pellegrin, également librettiste d’Hippolyte et Aricie de Jean-Philippe Rameau, opte pour une lecture très psychologique du mythe. Dès le début, les personnages principaux sont pleins de doutes quant aux choix à faire, dessinant une version complexe mais captivante d’un point de vue émotionnel. Salomon en souligne les effets par des airs plein de fougue et des effets instrumentaux forts.

Après Céphale et Procris d’Élisabeth Jacquet de La Guerre, l’ensemble belge et son chef se réjouissent d’interpréter pour la deuxième fois une tragédie lyrique en version concert."

Si vous préférez l'audition directe au CD, il ne vous reste plus qu'à courir à la Grande Galerie Royale du Château de Versailles et à être assez rapides pour y arriver aujourd'hui-même à 19h pour une unique représentation...

 

vendredi 16 janvier 2026

Métamorphoses aux Augustins !

Le musée des Augustins, musée des Beaux-Arts de Toulouse (https://augustins.toulouse.fr/), a réouvert après une longue campagne de restauration. Je vous propose aujourd'hui de découvrir quelques chapiteaux d'inspiration mythologique de la salle des sculptures romanes, salle qui combine des oeuvres datant du Moyen Age et une muséographie moderne réalisée en 2014 par Jorge Pardo.

 

Commençons par deux bas-reliefs, sur la datation desquels les archéologues hésitent : Antiquité ou Moyen Age ? Je vous laisse choisir...

Provenance : basilique Saint-Sernin
 
Sagittaire belliqueux, sirène effarouchée. Sirène à visage humain et à corps d'oiseau, comme le veut la tradition antique.

Encore une sirène et un centaure sur le bas relief suivant, mais cette fois-ci, l'un ne chasse pas l'autre : tous les deux sont poursuivis par un chasseur.
 
 
Provenance : monastère de La Daurade
 
Avez-vous remarqué que la sirène se termine en queue de poisson ? Et que la coquette est en train de...
 

 
Mais oui ! De se coiffer... J'espère que sa coquetterie ne l'a pas perdue.
Et comme le centaure gambade allègrement !

En montrant, me semble-t-il, beaucoup d'intérêt pour la femme-poisson...

Continuons par des monstres inattendus et que la tradition antique n'atteste pas : des oiseaux pourvus d'oreilles et de dents.

Provenance : monastère de La Daurade

Plus traditionnel, la chasse au cerf. Actéon serait-il passé par là ?

Provenance : monastère de La Daurade

Et pour finir, un bas-relief qui n'a rien de métamorphique mais qui constitue mon coup de coeur : le roi David accordant sa harpe.

Provenance : monastère de La Daurade

 D'ailleurs, qui nous prouve qu'il ne s'agit pas d'Orphée accordant sa lyre ?...

 



 

 

 

 

vendredi 31 octobre 2025

Ovide et la philosophie

Avis à la communauté ovidienne !

Un colloque sur le thème "Ovide et la philosophie" doit se tenir à Rome, dans le cadre enchanteur de la Villa Falconieri, du 4 au 6 décembre 2026.


Si vous avez la tête philosophico-ovidienne, n'hésitez pas à réponde à l'appel à contribution que voici : 

Ovide et la philosophie

Appel à contributions
Date limite : 31 décembre 2025 

Le 4-6 septembre 2026 un colloque sur « Ovide et la philosophie » aura lieu dans le scénario magnifique de la Villa Falconieri (Frascati, Rome), sous le parrainage du centre international d'enseignement et de recherche "Vivarium novum" : https://vivariumnovum.net/la

Deux axes de réflexion seront explorés :
- La présence de thèmes philosophiques dans les Métamorphoses ainsi que dans d'autres œuvres d'Ovide ;

- Les interprétations philosophiques et/ou allégoriques de l'œuvre d'Ovide proposées (en latin ou dans les langues vulgaires) dans la tradition exégétique antique, médiévale et humaniste.


Les chercheurs intéressés peuvent envoyer une proposition de communications aux organisateurs, Fabio Stok (fabio.stok[at]uniroma2.it) Giampiero Scafoglio (Giampiero.Scafoglio[at]univ-cotedazur.fr) AVANT LE 31 DÉCEMBRE 2025.

L'organisation prendra en charge le séjour et les repas des conférenciers, mais non pas les frais de voyage.

Lieu de la manifestation : Académie "Vivarium novum" (Villa Falconieri, Frascati, Roma)
Organisation : Giampiero Scafoglio & Fabio Stok
Contact : giampiero.scafoglio[at]univ-cotedazur.fr

 http://www.compitum.fr/appels-a-contribution/17447-ovide-et-la-philosophie

A vos tablettes ! 

 

 

mercredi 15 octobre 2025

La véritable histoire de la Gorgone Méduse

Faites vite ! Car c'est demain, jeudi 16 octobre, et après-demain, vendredi 17, qu'aura lieu la représentation de la pièce de Béatrice Bienville La véritable histoire de la Gorgone Méduse, dans la mise en scène du jeune et talentueux Nicolas Robinet.

 

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à vous rendre sur le site du théâtre El Duende d'Ivry-sur-Seine :

https://www.theatre-elduende.com/agenda/650-la-veritable-histoire-de-la-gorgone-meduse?date=2025-10-17-20-30 

Et à lire la présentation qu'il fait de la pièce :

"Méduse, la jeune fille du roi Phorcys, veut aller danser. Elle a soif du monde, soif de liberté.
Un soir, avec ses sœurs Gorgones, elle se rend à la fête en l'honneur de Poséidon, et rencontre le dieu. Quelques jours plus tard, alors qu'elle est en train de prier dans le temple d'Athéna, il la viole.
Elle choisit de ne pas se taire.
Entremêlée à ce récit mythologique, on suit l'errance de Léo, une jeune femme d'aujourd'hui qui cherche un visage qu'elle a croisé une fois et dont le regard l'a pétrifiée."
 

 Rendez-vous, donc, 23 rue Hoche à 20h30 !

mardi 14 octobre 2025

Auguste, L'emprise des signes

Gilles Sauron, le grand spécialiste que l'on sait, nous propose aujourd'hui un ouvrage sur l'empereur Auguste, dont le sous-titre, L'emprise des signes, en dit long sur la perspective choisie par l'auteur.


Voici la présentation qu'en font les éditions Les Belles Lettres :

"Auguste est le véritable inventeur du soft power, l’art, non de vaincre, mais de convaincre, ce qu’Ovide, un poète de ce temps à qui le pouvoir augustéen n’était pas sympathique, appelait l’art « de conserver sans violence physique à Jupiter son sceptre redoutable ». Telle est la trame originale du présent ouvrage.
Projeté à l’avant-scène de la politique romaine à l’âge de 19 ans par l’assassinat de son père adoptif César, Auguste a réussi à fonder un nouveau régime et à rester à la tête de l’Empire romain pendant un interminable règne de 41 ans. Il multiplia les moyens pour dominer les esprits. S’appuyant sur une exceptionnelle génération de poètes, comme Horace et Virgile, Auguste réussit à inscrire sa politique dans une vision mystifiée de l’histoire.
Prétendant qu’Apollon était intervenu pour lui donner la victoire à Actium contre Marc Antoine et Cléopâtre, Auguste s’est présenté comme l’intercesseur de ce dieu sur terre pour accompagner le retour de l’âge d’or. Auguste renouvela l’art ornemental à l’image d’un monde ordonné et fécond. Il multiplia les constructions de théâtres, dont il transforma à la fois l’architecture et la dramaturgie, pour donner en spectacle la révolution cosmique. Il diffusa à des millions d’exemplaires les signes de son pouvoir, sur les monnaies, mais aussi sur les monuments publics et même sur les humbles objets de la vie quotidienne.
L’étude renouvelée de ses réalisations les plus spectaculaires à Rome montre qu’il s’adressait à plusieurs publics, de l’aristocratie romaine elle-même avec des messages codés jusqu’aux diverses populations de l’Empire, et même aux adversaires extérieurs à ses frontières. Auguste a entrepris de transformer le décor privé des Romains, en utilisant les compétences des peintres alexandrins que Cléopâtre avait mis au service de sa famille." 

J'ajouterai que l'ouvrage est richement illustré et qu'il est accessible à un lecteur qui ne serait pas spécialiste de l'Antiquité.

Ultime argument : le détail du chapitre consacré à Ovide. 

VIII – Conflits esthétiques : le regard d’Ovide
La Rome d’Auguste vue par Ovide
Minerve/Athéna : pour une esthétique de la hiérarchie (maiestas)
Arachné : pour une esthétique de la vérité (ueritas)
Pythagore contre Lucrèce : pour une physique de l’instabilité
Pygmalion contre Orphée : pour une esthétique de la vitalité spontanée
Influences d’Ovide

Alléchant, non ? 

Pour en savoir encore plus, rendez-vous sur le liste des Belles Lettres :

https://www.lesbelleslettres.com/livre/9782251457055/auguste 

dimanche 12 octobre 2025

L'Art d'aimer en BD

Qui l'eût dit, qui l'eût cru ?

Une des oeuvres maîtresses d'Ovide est désormais disponible en bande dessinée : il s'agit de l'Art d'aimer.

 

Le scenario, fortement inspiré d'Ovide, est dû à Jean-Christophe Deveney et les dessins à Sara Quod. Pour vous faire une petit idée, voici un extrait du passage consacré à l'enlèvement des Sabines.

 

 

L'ouvrage est paru en 2018 (comme le temps passe...) aux Editions Lapin et coûte 16,00 €. Merci à Marie de m'avoir signalé son existence !

Bonne lecture ! 

 

vendredi 29 août 2025

Publications anglo-saxonnes

Rebecca Menmuir, de l'université d'Oxford, examine dans son Medieval Responses to Ovid's Exile les différentes façons dont l'exil d'Ovide a été perçu au Moyen Age et les différentes réactions qu'il a suscitées.

 

Pour en savoir plus et passer commande : www.cambridge.org/fr/universitypress/subjects/classical-studies/classical-literature/medieval-responses-ovids-exile?format=HB&utm_source=SFMC&utm_medium=email&utm_content=Medieval+Responses+to+Ovid%26amp%3b%23x27%3bs+Exile&utm_campaign=JYR_IOC_CS_BK%3bJL%3b____JRO_EAA_CAQ_Ancient+History_June25_US&WT.mc_id=JYR_IOC_CS_BK%3bJL%3b____JRO_EAA_CAQ_Ancient+History_June25_US

Peter Kelly, de l'université de Princeton, s'intéresse, pour sa part, à la lecture qu'Ovide fait de Platon et examine "comment Ovide se tourne vers la philosophie, et plus particulièrement vers les dialogues de Platon, pour trouver un sens à un monde fluide, incertain et dangereux".


Pour passer commande et en savoir plus : https://www.cambridge.org/fr/universitypress/subjects/classical-studies/classical-literature/ovid-and-plato-disturbing-realities?format=HB&utm_source=SFMC&utm_medium=email&utm_content=Ovid+and+Plato&utm_campaign=JYR_IOC_CS_BK%3bJL%3b____JRO_EAA_CAQ_Ancient+History_June25_US&WT.mc_id=JYR_IOC_CS_BK%3bJL%3b____JRO_EAA_CAQ_Ancient+History_June25_US
 
Merci à Paul, un grand ami d'Ovide, de m'avoir signalé ces publications savantes !
 
Bonne lecture ! 

jeudi 28 août 2025

Cabinet ovidien

Où les Métamorphoses ne vont-elles pas se nicher ?

Justement, dans les niches d'un cabinet italien du XVIIe s. que le musée Benoît-De-Puydt, de Bailleul, possède parmi ses trésors.

Et avec qui Ovide ne voisine-t-il pas sur le cabinet en question ? Avec... Virgile !

C'est ce que nous explique Séverine Tarantino, qui nous propose une belle interprétation du décor sculpté dans les plaques d'ivoire du meuble :

"Fait d’ébène, d’os et d’ivoire, le meuble possède, gravées dans cet ivoire, des représentations de scènes mythologiques. Cette riche iconographie a longtemps été interprétée comme une illustration de l’Enéide de Virgile. Contrairement à cette lecture, nous voudrions montrer ici que les scènes ont leur/s source/s dans des illustrations des Métamorphoses d'Ovide. Le cabinet peut offrir un cas intéressant de réception du ‘couple’ Virgile-Ovide."



Pour en savoir plus.. Que dis-je ? Pour tout savoir, suivez ce lien :

https://insula.univ-lille.fr/2017/05/23/une-lecture-inedite-et-ovidienne-du-cabinet-italien-du-musee-benoit-de-puydt 

Bonne lecture !

lundi 11 août 2025

Actes du colloque "La métamorphose humain/insecte"

Je vous ai parlé naguère du colloque "La métamorphose humain/insecte" organisé par Hélène Vial. Eh bien, sachez que vous pouvez désormais vous en procurer les actes aux éditions L'Harmattan, dans la collection "Espaces littéraires".


Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :

"Ce livre explore la fascination universelle exercée par la métamorphose entre humain et insecte, un thème qui traverse les époques et les arts. De l’Antiquité à nos jours, il analyse les manières dont ce motif à la fois séduisant et dérangeant a inspiré des œuvres majeures comme Les Métamorphoses d’Ovide, La Métamorphose de Kafka ou encore La Mouche de Cronenberg, en révélant les enjeux notamment esthétiques, philosophiques et politiques liés à ces transformations.
L’ouvrage propose un voyage unique, à la fois chronologique et thématique, à travers les arts et les disciplines. Il commence par les racines antiques du motif, poursuit avec l’impact de Kafka, puis examine les résonances modernes dans la littérature, les idées politiques et les arts visuels. Une attention particulière est accordée aux formes contemporaines comme le cinéma et les jeux vidéo.
Avec une approche transdisciplinaire, ce livre offre une forme inédite de plongée dans l’univers des métamorphoses humain/insecte, explorant leur richesse d’évocation, entre monstruosité et beauté, leurs significations symboliques et les formes de leur présence dans la littérature et les arts."

Pour en savoir plus :

https://www.editions-harmattan.fr/catalogue/livre/la-metamorphose-humain-insecte/78895?fbclid=IwY2xjawJ8yGhleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETBYazF3MnpQSzh6cVRqMFJlAR4mtTK8WdJGHjpTWemcHAgbFqNf6fWDoIF4_fH2E8xTANDFgUaa_K573AdR6Q_aem_oxEfeW_AqW2aDu1KxHrPOw

dimanche 18 mai 2025

Note de lecture : Opium pour Ovide, de Yoko Tawada

Si vous avez laissé passer, lors de sa publication aux éditions Verdier en 2002, Opium pour Ovide, de la romancière contemporaine Yoko Tawada, voici une note de lecture qui vous donnera sûrement envie de vous plonger dans cette oeuvre. Vous la trouverez sur le blog "Charybde 27". Merci à Marie de me l'avoir communiquée !

https://charybde2.wordpress.com/2017/02/23/note-de-lecture-opium-pour-ovide-yoko-tawada/

Et, pour vous mettre l'eau à la bouche, voici un court extrait du premier des vingt-deux chapitres du livre, chacun étant consacré à une femme qui porte le nom d'une héroïne des Métamorphoses, et a quelque raison de le porter...

"Léda entra dans la baignoire. La porte de la salle de bains était fermée. Léda avait les deux bras paralysés. Cela l’empêchait de se laver, mais elle refusait l’aide d’autrui. Elle ne voulait plus montrer son corps nu, disait-elle, il n’en valait plus la peine. Bien plus tard, une question me vient à l’esprit : on désire plus une vieille maison qu’une maison neuve ; on admire plus souvent un arbre tricentenaire qu’un arbre de trois ans ; plus une théière, un livre et une maison sont anciens, plus on est sensible à leur beauté. Pourquoi en irait-il autrement des humains ? "

En bonus, le lien des éditions Verdier :

ttps://editions-verdier.fr/livre/opium-pour-ovide/

Bonne lecture !



dimanche 4 mai 2025

Dieu est né en exil

Il est tentant, pour un écrivain, d'imaginer ce qu'aurait pu être le journal d'exil d'Ovide. Vintila Horia s'y était essayé avec Dieu est né en exil, publié en 1960 et couronné du prix Goncourt, lequel ne lui fut finalement pas décerné pour cause de compromission avec le fascisme. Le Canard enchaîné nous en dit plus long à ce sujet. Merci à Marie, grande amie d'Ovide, de m'avoir communiqué la photographie de l'article :


Le Canard nous dit aussi que l'ouvrage en question vient de faire l'objet d'une réédition aux éditions Noir sur blanc.



Voici le mot de l'éditeur :

"Poète à la mode fêté par Rome, Ovide fut frappé par Auguste d'une sentence d'exil. Relégué à Tomes, garnison romaine sur le Pont-Euxin, il ne cessa d'implorer sa grâce, en vain. Ovide, homme heureux, avait été poète futile. Mais ce poète érotique et léger, Horia nous le montre se transformant en exil à partir du moment où il découvre que l'« on peut donc mourir avant d'être mort pour de bon ». Peu à peu, il pressent, puis découvre une autre vérité. Qui apportera aux hommes qui souffrent la parole de la paix ? Il devine qu'un jour « les hommes la trouveront, cette parole, comme une fleur étrange au bord d'une longue route ». Et si ses souffrances avaient été voulues par une puissance divine qui avait résolu de le contraindre à s'élever au-dessus de lui-même ? Et si le Dieu nouveau était un homme comme lui, un homme de douleur et promis à la mort ? Ce que le médecin grec Théodore lui révèle enfin, c'est que tout ce qu'il espère est vrai, qu'un enfant des hommes est venu sur terre pour assumer leur angoisse et leurs espérances. À Bethléem de Judée, « Dieu est né en exil »."

https://www.leseditionsnoirsurblanc.fr/catalogue/dieu-est-ne-en-exil/

Bonne lecture, que vous souhaitiez découvrir ou redécouvrir...


vendredi 2 mai 2025

Pi/ygmalion

Les amateurs de musique baroque se réjouiront de la récente parution sous le label "Château de Versailles" de l'acte de ballet de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) Pigmalion, par l'ensemble Il Caravaggio, sous la direction de Camille Delaforge.

Comme un bonheur ne vient jamais seul, à l'oeuvre de Rameau s'ajoutent une cantatille d'Antoine Bailleux (v. 1720 - v. 1798) et, cerise sur le gâteau, une page de Jean-Baptiste Lully (1632-1687).


Pour plus de détails :

"Cette nouvelle publication du label Château de Versailles Spectacles est le fruit de la réflexion personnelle de Camille Delaforge, directrice de l’ensemble Il Caravaggio qu’elle a fondé sous le patronage spirituel et post mortem du Caravage, le grand et turbulent peintre italien. C’est la théâtralité et la violence de ce dernier qui dicte aux interprètes une expressivité intense si propre à la sensibilité baroque. Le mythe de Pygmalion, exprimé ici par les œuvres de Rameau, Bailleux et Lully, exprime bien sûr différents aspects de la légende mais vient aussi poser la question de la place de l’art dans une vie d’artiste. Pour Camille Delaforge, c’est aussi une réflexion sur la place de la femme réduite ici à une simple création masculine et « un prétexte pour sonder ce que signifie donner vie à l’inanimé » dans la création artistique. Ce questionnement était probablement celui de Rameau dans cette œuvre surprenante qui apparaît comme une sorte d’aveu de son propre génie. Postérieur d’une douzaine d’années à celui de Rameau le Pygmalion d’Antoine Bailleux est une « cantatille » (petite cantate de chambre) écrite « dans le goût italien » si prisé en France après l’épisode de la Querelle des bouffons, dans la mouvance de Pergolesi. Le programme se termine par un retour en arrière avec le Récit de la Beauté extrait du Mariage forcé réunissant Molière et Lully." © François Hudry/Qobuz

Et, pour le plaisir, ces quelques vers extraits des Métamorphoses :

Vint le jour où tout Chypre fêtait solennellement                          
Vénus. On avait immolé des génisses au cou de neige,
Aux cornes recourbées rehaussées d’or ; on avait fait
Brûler de l’encens ; les rites accomplis, Pygmalion,
Devant l’autel, dit, plein de crainte : « Si vous pouvez, ô dieux,
Tout accorder, donnez-moi pour épouse » — il n’osa dire
 « La vierge d’ivoire » —, « une femme qui lui soit semblable. »
Vénus d’or assistait personnellement à ses fêtes ;
Elle comprit le sens du vœu et, signe favorable,
Trois fois dans l’air jaillit la flamme en trois langues de feu.
A son retour, il va voir sa statue, se penche sur                             
La jeune fille et l’embrasse ; il lui semble qu’elle est tiède.
Il approche encore ses lèvres, et lui palpe le sein ;
Sous sa main, l’ivoire mollit et perd sa dureté,
Il cède sous ses doigts, comme la cire de l’Hymette
S’amollit au soleil et prend sous le pouce qui la                            
Travaille des formes toujours plus propres au travail.
Stupéfait, plein de joie, de doute, et craignant une erreur,
L’amant ne cesse de toucher l’objet de tous ses vœux ;
Il est de chair : les veines battent au contact du pouce.
Alors le héros de Paphos se répand en actions                               
De grâces pour Vénus, et ses lèvres pressent enfin
De vraies lèvres. La jeune fille a bien senti les baisers
Qu’il lui donne ; rougissant, elle a levé timidement
Les yeux vers la lumière, a vu le ciel et son amant.
La déesse assiste au mariage — c’est son œuvre — ; et quand     
Neuf fois la lune eut rapproché ses cornes en un disque
Naquit Paphos, de laquelle l’île tire son nom.

Métamorphoses, X, 270-297


samedi 26 avril 2025

Colloque "Le Centaure"

Les amateurs de centaures doivent cocher deux dates dans leur calendrier : les 13 et 14 mai, où est organisé par l'Université de Tours et l'Université d'Oslo un colloque sur le thème : "Le Centaure, Hybridité et dualité de l'Antiquité à nos jours".


Les centaures seront examinés sous toutes leurs coutures, y compris, bien sûr, les centaures ovidiens, examen dont se chargera Hélène Vial , dans une communication intitulée "Si modo naturae formam concedimus illi : centaures ovidiens ", c'est-à-dire "si du moins l'on peut concéder de la beauté à un être de ta nature" (trad. Bibliotheca Classica Selecta). 

Vous trouverez l'intégralité du programme sur ce lien :

https://cesr.univ-tours.fr/centre-detudes-superieures-de-la-renaissance/manifestations/colloque-le-centaure-hybridite-et-dualite-de-lantiquite-a-nos-jours?fbclid=IwY2xjawJ5ayZleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETBYazF3MnpQSzh6cVRqMFJlAR4khDAH_oqVMMxMwSQrUpd4sUn91GLSJ7GvHUiE8YizbF9Do3PBZs4nQC0_Ww_aem_I1ROrR-HQwIFVpYJxoqSpA

Et si, en attendant le joli mois de mai, vous voulez faire une lecture centaurienne, je vous propose ce très beau texte de Maurice de Guérin (1810-1839), intitulé Le Centaure, que vous pouvez lire :

https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Centaure_(Didier_éditeur,_1864)

ou écouter :

https://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/maurice-de-guerin-le-centaure-poeme.html#:~:text=Maurice%20de%20Gu%C3%A9rin%2C%20mort%20tuberculeux%20%C3%A0%20vingt-huit%20ans,de%20son%20enfance%20puis%20l%E2%80%99ardeur%20de%20sa%20jeunesse.

En voici un court extrait (c'est un centaure qui parle) :

"Un jour que je suivais une vallée où s’engagent peu les centaures, je découvris un homme qui côtoyait le fleuve sur la rive contraire. C’était le premier qui s’offrît à ma vue, je le méprisai. Voilà tout au plus, me dis-je, la moitié de mon être ! Que ses pas sont courts et sa démarche malaisée ! Ses yeux semblent mesurer l’espace avec tristesse. Sans doute c’est un centaure renversé par les dieux et qu’ils ont réduit à se traîner ainsi."

Sera-t-il question, dans ce colloque, des centauresses ? Je n'ai rien trouvé dans le programme qui le laisse supposer, même si la parité l'exigerait. Et qu'on ne me dise pas : "Les centauresses ? Ça n'existe pas !" Les centauresses, ça existe ! En voici la vivante preuve...

© Jean-Luc Ramond

PS : Si vous ne pouvez pas vous rendre à Tours pour assister au colloque, vous pourrez le suivre par vidéoconférence en ouvrant le programme et en cliquant là où vous serez invités à le faire...


mercredi 16 avril 2025

Béatrice Commengé, Ne jamais arriver

Vous cherchez une destination originale pour vos prochaines vacances ? En voici une : Constanţa, en Roumanie, sur les rives de la mer Noire.

Par la même occasion, vous marcherez dans les pas d'Ovide, qui a passé à Tomes, nom antique de Constanţa, les dernières années de sa vie.

C'est le projet que s'était fixé l'écrivaine Béatrice Commengé pour le printemps 2020.


Mais au printemps 2020 - vous vous souvenez ? - nous étions tous confinés pour cause de COVID. Il a donc fallu reporter à plus tard le voyage en question et nourrir son attente de rêveries sur les voyages passés, de souvenirs personnels, de lectures d'Ovide...

Le voyage a enfin lieu en 2023, et c'est ce tout, rêveries, souvenirs, lectures et journal de bord, qui constitue la matière du dernier ouvrage publié par Béatrice Commengé aux éditions Verdier,  Ne jamais arriver.


Si vous êtes curieux de découvrir les premières pages du livre, les voici :

https://editions-verdier.fr/wp-content/uploads/2024/04/ne_jamais_arriver_extrait.pdf

Et si vous souhaitez percer le mystère de ce titre qui sonne, paradoxalement, comme une invitation à ne pas achever son voyage, précipitez-vous chez votre libraire favori...

Bonne lecture !