Les élèves de Terminale ayant choisi la spécialité "latin" auront au programme pour les deux années à venir, dans le cadre d'une lecture comparée, La ferme africaine de Karen Blixen et... les Tristes d'Ovide.
En voici l'annonce officielle :
"En latin, pour les années scolaires 2026-2027 et 2027-2028, les œuvres retenues sont les suivantes :
- Ovide, Tristes, livre III, Paris, Les Belles Lettres, collection Classiques en Poche, à paraitre ;
- Karen Blixen, La ferme africaine, traduit du danois par Alain Gnaedig, Paris, Gallimard, collection Folio, 2006.
"Objet d’étude
La lecture comparée de ces deux œuvres s’inscrit dans le cadre de l’objet d’étude « L’homme, le monde, le destin ».
Problématique
Partir à cause de ce qu’on a écrit, écrire parce qu’on est parti : le programme pour les sessions 2027 et 2028 du baccalauréat invite les élèves à s’interroger à la fois sur la vie à l’étranger et la création littéraire.
En 8 ap. J.-C., le poète latin Ovide est relégué à Tomi, l’actuelle Constanța en Roumanie, sur les bords de la mer Noire, par décision de l’empereur Auguste. Les raisons de cette assignation à résidence, si loin de Rome, ne sont toujours pas exactement connues, mais la tonalité de certaines des œuvres d’Ovide, jugées trop légères, n’est sans doute pas étrangère à ce que le poète vécut comme « la foudre tombée sur [s]a tête » (livre I, élégie 1). Ovide eut toutes les peines du monde à s’habituer à cette contrée dont il finit cependant par apprendre la langue. Bien que cette relégation (à ne pas confondre d’un point de vue juridique avec la peine d’exil) dût être temporaire, elle s’avéra cependant définitive pour Ovide qui y mourut en 17 ou 18 ap. J.-C. après y avoir composé quelques-unes de ses œuvres les plus personnelles et les plus poignantes, dont les Tristes et les Pontiques.
Bien plus au Nord, à Rungstedlung, dans la région de Copenhague, au Danemark, à la veille de la Première Guerre mondiale : une jeune fille de la haute bourgeoisie, Karen Christentze Dinesen, née en 1885, rêve d’un mariage prestigieux et de voyages au long cours. Elle se fiance alors avec le baron suédois Bror von Blixen-Finecke et ils décident tous deux de créer une plantation de café dans l’actuel Kenya, alors l’Afrique orientale britannique. Mais très vite, le rêve tourne au cauchemar : la plantation ne s’avère pas rentable et Bror, piètre gestionnaire du domaine, est en outre un mari infidèle et volage qui lui transmet la syphilis, maladie alors chronique et incurable, qui rend Karen stérile, lui ôtant tout espoir d’avoir un jour des enfants. Après son divorce en 1925, Karen Blixen trouve soutien et réconfort auprès de l’aventurier britannique Denys Finch Hatton qui sera le grand amour de sa vie mais se tue en avion au Kenya en 1931. Cette même année 1931, véritable annus horribilis, Karen Blixen qui a vu sa ferme définitivement péricliter et être vendue, rentre au Danemark, ruinée, malade et seule. De cette succession d’épouvantables drames (« Personne n'a payé plus cher son entrée en littérature »), naitra cependant la gloire littéraire dont la Ferme africaine est l’un des plus brillants témoignages.
C’est donc à la découverte de ces deux destins hors du commun, de ces deux vies que la vie n’a pas épargnées, que le programme des sessions 2027 et 2028 du baccalauréat convie les élèves de l’enseignement de spécialité latin.
Pour le ministre de l’Éducation nationale, et par délégation,
La directrice générale de l’enseignement scolaire,
Caroline Pascal
Bulletin officiel n° 11 du 12 mars 2026"
Et si vous souhaitez lire le recueil dans ma traduction, publiée en 2017 aux éditions Sables sous le titre de Tristesses, le mieux est que vous passiez directement commande auprès de l'éditeur (https://www.sableseditions.fr/conditions_vente.html). Le livre coûte 19,00 € ; il vous sera expédié franco de port si vous mentionnez en passant commande "Épreuve latin traduction Lévrier".
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