Je vous ai naguère fait découvrir les chapiteaux romans et mythologiques du musée des Augustins de Toulouse (cf. mon article du 16 janvier). Eh bien, je vous propose de poursuivre aujourd'hui notre visite en parcourant la salle de peinture et de sculpture du XIXe siècle.
Les choses commencent dès le monumental escalier de Denis Darcy, qui mène au premier étage. Au détour d'une volée de marches, nous voici menacés par la flèche de la Diane chasseresse du sculpteur toulousain Alexandre Falguière (1831-1900).
Alexandre Falguière (1831-1900), Diane, 1887La déesse est communément qualifiée de "court vêtue". Effectivement, il serait difficile de faire plus court et moins vêtu...
Nous sommes attirés quelques pas plus loin par les échos de la lyre d'Orphée...
Louis Jacquesson de la Chevreuse (1839-1903), Orphée aux Enfers, 1886
Le chantre cherche à convaincre les souverains des Enfers, Pluton et Proserpine, de laisser Eurydice regagner la surface de la terre. On sait ce qu'il adviendra... Aux pieds du couple royal, les juges des Enfers, qui n'ont pas l'air d'être bien sensibles à la beauté du chant orphique. Quant à Louis Jacquesson, il a été assez convaincant pour obtenir, avec cette toile, le second grand prix de Rome en 1865.
Autre scène musicale, Anachréon, Bacchus et l'Amour, que l'on doit à Jean-Léon Gérôme.
Jean-Léon Gérôme (1824-1904), Anachréon, Bacchus et l'Amour, 1848Spontanément, j'aurais dit que cette oeuvre-ci était plus récente que celle-là. Erreur : elle est plus moderne, sans doute, mais plus ancienne. C'est, en tout cas, ma préférée de l'artiste, qui en a pourtant peint beaucoup, et de bien belles...
Tout à fait saisissante est cette sculpture de Laurent-Honoré Marqueste, qui représente Persée s'apprêtant à décapiter la gorgone Méduse.
Laurent-Honoré Marqueste (1848-1920), Persée et Gorgone, 1875Comme le dit justement le cartel, "l'artiste oppose la terreur de la gorgone à l'impassible détermination du héros".
Qui résistera au charme de Chloris ?
Jean-Jacques Pradier (dit James Pradier, 1790-1852), Chloris caressée par Zéphyr,1849
Sûrement pas le dieu Zéphyr, divinisation du tiède vent d'ouest qui, de sa caresse, réveille la végétation au printemps. Il aurait enlevé Chloris pour faire d'elle son épouse et la déesse des fleurs - promotion par laquelle le dieu cherchait à se faire pardonner la brutalité de l'enlèvement.
"Plus sensuelle que surprise", dit le cartel.
James Pradier fut troisième au prix de Rome en 1812 et, persévérant, reçut le premier prix en 1813. Cela ne suffit pas à lui valoir les faveurs de Baudelaire, qui écrit à son sujet : « Ce qui prouve l'état pitoyable de la sculpture, c'est que M. Pradier en est le roi. Au moins celui-ci sait faire de la chair, et il a des délicatesses particulières du ciseau ; mais il ne possède ni l'imagination nécessaire aux grandes compositions, ni l'imagination du dessin. C'est un talent froid et académique » (Curiosités esthétiques, Salon de 1846). Le voilà vêtu pour l'hiver...
Pour terminer, un buste en terre cuite plein de fraîcheur que l'on doit à Jean-Baptiste Carpeaux, La Bacchante aux roses.
Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875), La Bacchante aux roses, 1873
J'espère que la balade vous a plu et vous a donné envie de venir sur place découvrir le reste des trésors du musée des Augustins. Car il vous reste encore bien des trésors à admirer, en particulier la belle et froide Cléopâtre sur son lit de mort, que l'on doit à Jean-André Rixens (1816-1925). Vaut le voyage !


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